Pour illustrer l'étape Tourquennoise du Tour de France du projet initié par Martine Aubry, je trouve que cette note de Génération Parité d'Avril 2007 "ma France à moi" répond à l'essentiel de ce qui a été dit par les uns et les autres. Prenants, émouvants, exposant pudiquement leurs galères et leurs désespérances quotidiennes, les intervenants ont évoqué le respect, la justice, le travail, le logement, les regards portés par la société sur les jeunes, les handicapés, l'ascenseur social qui ne joue plus son rôle, les galères des anciens salariés du textile encore sur le carreau, les hommes qu'on renvoie dans l'enfer d'un pays en guerre.
En 2007, donc j'écrivais cette note et je n'y changerai rien aujourd'hui :
"Ma France à moi, elle est généreuse, elle est solidaire, elle ne laisse pas les gens mourir de misère. Elle est grande, et parce qu'elle est grande et qu'elle a confiance en elle, elle peut aller vers les autres et leur tendre la main.
Dans ma France à moi, il fait bon vivre parce que la différence ça rend fort, ça rend riche, ça s'échange. On est tous des immigrés. Le plus grand pays du monde n'est constitué que de la descendance des immigrés.
Un pays qui se recroqueville sur lui même, qui a peur, qui rejette, qui crée des différences et établit des hiérarchies entre les êtres humains, c'est un pays qui ne va pas bien. Pour être libre, au moins dans sa tête, il faut être assez grand pour accepter l'autre même s'il est différent. Surtout s'il est différent car « n'aimer que ce qui nous ressemble, c'est s'aimer soi-même, ce n'est pas aimer », Tierno Bokar, c'est une bonne définition de l'égocentrisme!
Peut-on être libre quand on n'aime que soi même? Oui, sans doute, me direz-vous, c'est plus facile, on n'a pas à composer avec les autres et les autres sont toujours moins ou plus que soi même.
Mais alors, nous n'avons vraiment pas la même conception de la vie en société...
Cependant, tout en vivant au quotidien dans un monde d'individualisme excessif, on chacun ne pense qu'à servir son propre intérêt, je ressens pourtant une attirance très forte d'une grande majorité de personnes vers les formes de solidarité, de mieux vivre ensemble.
Serions-nous enfin arrivés au bout du processus du chacun pour soi? Dans tout comportement humain, il y a un effet de balancier entre tout et son contraire avant de trouver un point d'équilibre. Nous nous en approchons par l'économie sociale et solidaire, par la prise de conscience environnementale, par la démocratie participative, par la place que nous voulons donner aux jeunes, aux plus âgés d'entre nous et aux femmes dans la société.