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Méfaits spéculatifs : les hedge funds** et les subprimes***

Le 27 Août 2007

Je vais profiter de ce que vous êtes en pleine forme après cet été pour vous soumettre un problème rien moins que mondial, mais qui risque de vous concerner très vite.

Avant les congés, personne ou presque ne connaissait les « hedge funds » et voilà qu’ils sont devenus les vedettes de l’été. Eux et les vacances à Wolfeboro de Nicolas Sarkozy.

Nous connaissons ces crises erratiques de la bourse qui procurent un petit frisson.

Les hedge funds ne sont pas tombés du ciel et l’argent vient bien de quelque part pour les alimenter. C'est ici que cela vous concerne.

Hedgefundimage Par exemple, des dépôts sur les comptes courants des particuliers (oui, vous!). Froidement et dans un jargon quasi incompréhensible (c’est peut-être mieux comme ça), on nous a expliqué cet été que trois filiale d'une banque réputée pour sa prudence de sioux, à savoir BNP PARIBAS, sont incapables de rembourser l’argent qu’ils ont emprunté. Rien que ça !

Ces 3 filiales ont été fermées pendant 4 semaines pour une excellente raison : plus d’argent en caisse!

Deux banques allemandes ont, elles, frôlé la faillite et ont dû leur salut à une intervention in extrémis des pouvoirs publics.

Cette affaire illustre parfaitement une économie mondiale devenue une économie casino et des bourses définitivement déconnectées de l’économie réelle. Des milliards sont échangés tous les jours avec comme support uniquement spéculatif les matières premières, les monnaies, l’immobilier ou des sociétés multinationales... 

Dans chaque crise il faut un coupable et cette fois, ce sont les hedge funds (il y a eu les junk bonds (obligations pourries) de la bulle internet de triste mémoire).

Il faut bien sûr compenser ces pertes, et ce sont les déposants, vous, moi, qui comme d’habitude vont devoir les couvrir.

Les conséquences de cette crise sont encore incertaines et les experts ne sont pas d’accord : y aura t-il répercussion ou non sur le taux de croissance. Justement, parlons-en!

Dans mon commentaire du 8 juin, j’exprimais mes forts doutes sur la politique économique de Sarkozy et nous y voilà.

Son élection seule, telle l'arrivée du Messie, devait provoquer un électrochoc suivi d’un miracle laïque : une croissance en hausse. Le gouvernement avait même déjà commencé à dépenser ce qu’il n’avait pas encore gagné avec ce fameux bouclier fiscal censé enrayer les évasions fiscales. De croissance, point.

Autre mauvaise nouvelle, notre déficit commercial ne fait qu’augmenter. De plus, lorsqu'on regarde attentivement la composition de nos exportations, on constate qu’elle repose sur la vente des Airbus et quelques autres grands contrats. Inquiétant, très inquiétant.

Comment va-t-on continuer à vivre au dessus de nos moyens, sur le compte des générations suivantes, sans doute en continuant à vendre nos bijoux de famille ou ce qu’il en reste, en taillant dans les services publics sûrement, en réduisant les couvertures sociales ou en augmentant la TVA peut-être …

Voilà rapidement brossé, le tableau de la rentrée.

Plus que jamais ce pays va avoir besoin d’une opposition forte et notre responsabilité sera lourde. Dans ce contexte, il est regrettable, que nous n’entendions de nous qu’une cacophonie et un déchaînement assez incroyable contre Ségolène Royal, responsable de tous nos maux. Il y a une responsabilité collective dans nos défaites électorales du printemps et qui trouvent leur source largement en amont de la désignation de Ségolène Royal. Sans doute dès 1993.

Vraiment, il y a urgence à nous ressaisir, à faire preuve de responsabilité, et à nous atteler avec énergie à cette tâche de réinventer le socialisme du XXI ème siècle… un socialisme ancré dans son temps, avec un Parti modernisé. J’y reviendrai très vite.

Hedge funds** : fonds d’investissement spéculatif : il y en aurait environ 8000 dans le monde qui brassent 1300 milliards de dollars.

Subprimes *** :  crédit à risque offert à un emprunteur qui n'offre pas les garanties suffisantes