Mercredi 26 Septembre 2007
Un arrêté destiné à empêcher les rassemblements de perturbateurs a récemment été pris par le Maire de ma ville. En refusant obstinément à Tourcoing, les effectifs de police nécessaires, l'Etat oblige la Ville à prendre de telles dispositions. Il manque 60 policiers ici, ce n'est pas anecdotique!
Il ne manquerait plus que C. Vanneste « condamne », comme écrit dans l'article de NORD ECLAIR de samedi 22 Septembre.
Pas d'idéologie politique là-dedans. Tout citoyen a le droit imprescriptible de vivre tranquillement, Et, n'en déplaise à certains, nous n'avons pas, d'un côté, la droite, garante de la sécurité de la population, et de l'autre, la gauche qui serait laxiste.
Ce n'est pas dans les quartiers huppés de la métropole lilloise que se posent les problèmes cruciaux de sécurité publique, même s'ils ne sont pas épargnés.
La loi de la jungle, élevée au rang de stratégie politique par l'UMP, et qui consiste à déléguer au hasard du plus fort les droits basiques de la personne, s'y porte à merveille. Les quartiers populaires, par contre, sont des lieux à protéger d'urgence.
Un problème? On enferme. Les prisons sont surchargées? Les conditions de vie des détenus sont intolérables? Quelle importance? La droite recourt à la méthode brutale et ne cherche surtout pas une solution plus coûteuse à court terme, mais efficace à long terme. On se demande même si ce gouvernement ne fait pas exprès, pour exaspérer la population victime des actes de délinquance, de faire le contraire de ce qui s'avère efficace.
Et la proximité est un gage d'efficacité. C'est d'ailleurs ce qui est mis en avant lorsque Nicolas Sarkozy décide d'imposer aux maires d'être garants de la sécurité dans leur ville.
Mais alors, dans ce cas, pourquoi l'UMP a t-il supprimé la police de proximité? Pourquoi le gouvernement de droite laisse t-il les associations d'encadrement des jeunes dans les quartiers difficiles mourir faute de subventions? Pourquoi l'Etat UMP ne donne t-il pas les moyens de fonctionner aux éducateurs de rue? Pourquoi le gouvernement UMP a t-il décidé de centraliser le commissariat de police de district à Lille? Pourquoi, lors des pics d'insécurité, doit-on faire appel aux CRS, si loin de toute connaissance du terrain? Pourquoi les effectifs de police sont-ils en diminution constante?
Monsieur Vanneste suggère de punir d'amendes et de peines de prison le « harcèlement social ». Typiquement une solution qui n'en est pas une. Comme s'ils avaient de quoi payer une amende! Comme si les prisons surchargées avait les moyens d'accueillir et de réinsérer ces jeunes désoeuvrés et provoquants! Les Députés PS du Nord, B.Derosier, B.Roman et Y. Durand sont révoltés par la visite de la prison de LOOS .
Autre idée : appliquer les peines de justice. On croit rêver! Parce ce que ce n'est pas le cas? Depuis que la Droite est au pouvoir et N. Sarkozy à l'Intérieur, elle n'a même pas trouvé le moyen, au sein de son propre gouvernement, de sa propre majorité, de, simplement, faire appliquer les décisions de justice?
Quant à la police, en résumé, C. Vanneste affirme que « ce n'est pas le problème ». Il aurait dit « elle ne sert à rien », cela aurait été la même chose.
Je ne suis pas de cet avis. La tâche de la police est de protéger les citoyens. Et jusqu'à preuve du contraire, la sécurité des citoyens français est l'une des tâches régaliennes de l'Etat, celles dont il ne peut se désengager.
Mais il est vrai que c'est aussi le cas de l'Education, mise à mal par les gouvernements de droite successifs.
Il faut arrêter de faire croire aux gens que de moins en moins de policiers peuvent de mieux en mieux assurer la sécurité, de moins en moins d'enseignants peuvent de mieux en mieux enseigner, que de moins en moins de personnel hospitalier peut soigner de mieux en mieux. Ce n'est pas vrai.
C'est même le contraire, la pression qui s'accumule sur ceux qui restent, rend les conditions de travail toujours plus pénibles.
Le service public, si cher à notre République, ne sera bientôt plus qu'un vague souvenir.
Accordez ce qui est nécessaire à la tranquillité des citoyens. De quoi aller à la rencontre de ces gens qui n'ont d'autre horizon que d'empoisonner la vie des autres, quels que soient leurs motifs ; de l'emploi pour gagner sa vie ; des policiers qui font respecter la loi et protègent les citoyens ; des éducateurs de rue en nombre, à la mesure de la situation, qui redonnent des repères et des règles à respecter, avec des moyens à leur disposition ; des associations qui maillent les quartiers et proposent des occupations, aident à l'insertion, donnent des points de repère. J'en ai une liste à disposition qui n'attend que des moyens pour ce faire.
Les groupes qui « squattent » des quartiers à longueur de journée, exaspérant les autres habitants, font peur, cristallisent les rancoeurs. C'est alors du pain béni pour des élus comme C. Vanneste de jouer sur la peur de l'inconnu en proposant des solutions qui semblent radicales mais ne sont que des cataplasmes sur une jambe de bois.
Le citoyen ne doit pas avoir à se protéger lui même. Ou alors allons-nous revenir aux milices? Allons-nous accepter l'autodéfense? Les armes vont-elles être en vente libre? Un déficit de forces de l'ordre incite à ces abus. Je vous invite à réfléchir à ce qu'implique cette situation à long terme ! Serait-ce ce qui se profile? Alors que ce sont les médiateurs professionnels, le travail de proximité, le maillage territorial des forces de l'ordre qui sont efficaces à long terme, et pour tout le monde.
Si c'est tout ce que C. Vanneste propose à Tourcoing, c'est bien peu et c'est bien triste !