Devant la confusion idéologique, et le chaos post électoral, j’avais décidé, comme membre du Conseil National du PS, de laisser passer un long laps de temps avant de refaire un point de la situation politique interne.
Le Parti, comme organisation politique nationale s'entend, car heureusement, les locaux n'attendent pas cela pour travailler, que cela soit dans les Régions, les Départements ou les Villes.
Et puis nous vivons un moment où les choses semblent suspendues, comme dans les minutes qui ont suivi le big bang originel, il y a une évolution permanente.
Au gré de rencontres informelles, de rencontres personnelles, de nouveaux équilibres ultra précaires, parfois déconcertants, souvent improbables, semblent se faire jour.
"On se renifle", comme disait l’autre jour un responsable socialiste. Les « ennemis » d’hier voudraient devenir les amis de demain.
Les Strauss-Kahniens sont orphelins depuis peu, et l’héritage fait briller beaucoup de pupilles.
Laurent Fabius se présente comme un sage actif, mais certains se demandent si ce n’est pas une position de pré retraite, sauf que maintenant après les renversements de tendances, il y a un renversement de mots et il est devenu un actif sage.
Le NPS n'existe plus, divisé entre un groupe pro Peillon et un autre groupe Emmanuelli/Hamon.
Sur la gauche du PS, Jean-Luc Mélenchon continue à prêcher, certes avec conviction, mais dans le désert.
L’aile droite a perdu ses chefs, passés dans le camp d’en face.
François Hollande semble définitivement très affaibli.
Reste l’énigme Ségolène Royal, à qui on essaye de faire porter un chapeau plus large que l’embouchure de l’Amazone. Quelle est sa réelle audience au PS? Qui est encore prêt à la suivre? Que sont les anciens nouveaux adhérents devenus ?
Plus le temps passe, plus on constate qu’elle avait, à sa façon, parfois de façon irritante et maladroite, mis le doigt sur ce qui posait problème au PS.
La soudaine popularité de Bertrand Delanoé me semble bien précaire et dépendra du résultat aux élections municipales.
Manuel Valls et Gaëtan Gorce peinent à percer.
On lit dans la presse que 2 pôles seraient en train de se dégager : une alliance fabiusiens-DSKniens-aubryistes, et de l’autre, les troupes (dont beaucoup d’élus) restées fidèles à François Hollande.
Reste Rénover Maintenant, qui en ayant eu le mérite d’arrêter collectivement une position, est sorti à peu près indemne du choc post électoral.
Nombre de sujets que nous mettions sur la table avec d’autres, depuis avril 2002, dont bien sûr la rénovation, et que l’on avait évacués, sont revenus par la fenêtre.
Ce que je ressens, très fortement au contact des militants et des élus locaux, c’est une volonté de pause et d'apaisement dans nos querelles byzantines. Ça c’est la bonne nouvelle.
On en est là, c'est-à-dire pas très loin. Deux groupes ont été constitués au niveau national pour discuter de la rénovation, mais avec quel contenu, quels objectifs, quelle légitimité… et dans quel but ? De l’occupationnel disent certains… de l'existentiel, sans aucun doute.
De tout cela se dégage un fort sentiment de gâchis de talent et de temps.
S'il ne reste d'inamovible qu'une chose, ce sera toujours la fierté d'être de gauche, sans arrogance, mais sans complexe non plus.