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Incohérences et contradictions, deux pour le prix d'une !

Vous ne verrez pas, sur Génération Parité, de note concernant la campagne électorale des Municipales de Tourcoing, pourtant ce n'est pas l'envie qui m'en manque. Mais la législation en la matière est encore très floue sur ce moyen de communication récent, et je préfère éviter les situations embrouillées.

Les textes disent, entre autres, que la teneur des propos d'un blog doit rester telle qu'avant la période électorale. Comme j'y parlais de politique nationale, je peux donc continuer sans problème. Et puis, ce n'est pas moi qui ai décidé de faire de ce scrutin municipal un test national. Et puis qui ai changé d'avis. Tout en ne le disant pas vraiment. Surtout quand les prémisses d'une défaite percent au milieu des crocus.

La réflexion «  si on perd ce sera de notre faute de toute façon alors autant y aller » ne fait pas montre d'un grand optimisme, et rencontre de la part des candidats soutenus contre leur gré une certaine résistance. Un comble!

S'il fallait encore un indice montrant que notre Président gouverne sans boussole, au gré du vent, surtout de gré ou de force, et de façon contradictoire, en voici encore un:

Une politique de sécurité routière drastique, des radars partout, une sévérité rarement atteinte dans les sanctions. Cela a permis de sauver des vies, c'est sans discussion possible.

Les conséquences de cette réglementation sans nuance sont aussi de plus en plus de conducteurs qui conduisent sans permis, des milliers de points enlevés qu'on ne récupère que très difficilement, même si les points ont été perdus à la suite de toutes petites infractions cumulées, sans danger pour quiconque.

La mobilité est pourtant une nécessité factuelle, les transports en commun, même si un effort sans précédent est accompli, notamment au niveau de la Région Nord Pas de Calais, ne peuvent répondre à toutes les situations.

Permisconduire_cle2eac56 Le gouvernement le reconnaît d'ailleurs implicitement lorsqu'il dénonce une obtention du permis pour les jeunes trop longue, trop difficile et trop coûteuse.

Première suggestion : faire baisser le coût du permis en diminuant les prix de l'heure d'enseignement en auto-école. Levée de bouclier des autos-écoles. On laisse tomber.

Deuxième suggestion : diminuer le délai entre deux passages du permis, ce qui dépend du nombre d'inspecteurs. Seulement voilà, il ne faut pas que cela coûte un euro à l'Etat désargenté.

Alors, troisième suggestion, faire revenir les inspecteurs retraités! Ça, c'est de l'intergénérationel!

Et du bénévolat aussi, parce qu'il ne faut pas exagérer, ils sont déjà payés pour être en retraite, on ne va pas, en plus, les payer pour travailler.

Vive les avancées sociales de la Droite! Tiens, on pourrait aussi refaire travailler les enfants de 5 ans à la mine, non?

Je trouve en tout cas contradictoire de donner plus facilement un permis dans un contexte de sécurité routière d'une sévérité absolue. Ou alors est ce donner plus facilement de la main droite pour reprendre plus vite de la main gauche? 

Nos lignes Maginot

Qui se souvient du nuage menaçant de Tchernobyl qui survolait, saupoudrant sa poussière mortelle sur toute l’Europe, sauf … sauf  au dessus de la France, Madame !

Qui se souvient du professeur Pellegrin, au journal de 20.00, l’air sévère devant une carte de France, nous démontrant comment, grâce au génie nucléaire français et à des vents favorables (sic), le nuage contournait nos frontières tout en souplesse.

Nuage_tchernobyl Des laboratoires indépendants - hommage au passage à Michèle Rivasi, fondatrice de la CRIIAD en 1986 – ont, bien sûr rapidement, mais dans une grande adversité,  démontré le contraire.

Depuis, se succèdent les exemples où « ça arrive en France, bien que ça ne devait pas arriver ».

En Août, tous nos experts financiers, malheureusement souvent relayés par des journalistes aux commentaires approximatifs voire optimistes, nous expliquaient comment la crise des  subprimes ne nous toucherait pas. Non jamais … im-pos-si-ble ! Parce que, Madame, Monsieur, les banques françaises ne mangent pas de ce pain là. Pas de ça chez nous.

A ce propos, à la suite d’un article sur les subprimes en Août dernier, un commentaire d'un certain "jojo" sur mon blog expliquait que, décidément, les socialistes ne comprenaient rien à rien à l’économie, et que les subprimes et la spéculation permettaient de fluidifier le marché.

Fin août, un haut responsable de la  BNP Paribas, expliquait piteusement qu’il ne savait plus trop où ils en étaient et qu’une de ces filiales américaines étaient en cessation de paiement.

Bourse Ce matin, j’entendais le Gouverneur de la Banque de France expliquer doctement, qu’on ne savait rien, qu’il fallait faire une enquête approfondie de plusieurs semaines mais que ce petit gars avait fait le coup tout seul, sans complice, et que la Société Générale était la banque la plus prudente de la France du Monde, pour reprendre une célèbre phrase de Coluche.

On jette en pâture sur internet et dans la presse le nom d’un jeune homme, qui ne s’enrichit pas personnellement à priori, qui ne s’enfuit pas, identifié et interrogé par la Police depuis la semaine dernière, et à qui on va faire porter le chapeau. Dans la précipitation absolue la SG décide de déboucler une position archi perdante le jour où la bourse plonge, mouais ….

Pourtant un article publié dans les Echos du 27 décembre 2007 (page 20 et signé de Elsa Conesa) faisait déjà état de remous et d’un jeu de chaises musicales, quelques passages concernant les pratiques dans les salles des marchés, et en matière boursière de la SG, « un transfert plutôt inhabituel dans cet univers … », «  ces mouvements concomitants ont suscité l’étonnement dans le marché … » , « c’est très risqué de faire ça, explique un spécialiste … ».

Mais peut-être que Daniel Bouton ne lit pas les journaux ou pas les bons.

Et que dit la Société Générale dans tout cela, eh bien, son PDG présente ses excuses … à ses actionnaires… ! et les clients qui lui remplissent ses caisses , rien  nib….

Décidemment, ce pays dont Sartre aurait qu’il était la lumière du monde doit apprendre la modestie et peut-être un zeste d’autocritique.

PS : message personnel : Good luck JO ( Tsonga )

INTERLUDE par Jean de la Fontaine

La laitière et le pot au lait

Laitier Perrette sur sa tête ayant un Pot au lait
Bien posé sur un coussinet,
Prétendait arriver sans encombre à la ville.
Légère et court vêtue elle allait à grands pas ;
Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,
Cotillon simple, et souliers plats.
Notre laitière ainsi troussée
Comptait déjà dans sa pensée
Tout le prix de son lait, en employait l'argent,
Achetait un cent d'oeufs, faisait triple couvée ;
La chose allait à bien par son soin diligent.
Il m'est, disait-elle, facile,
D'élever des poulets autour de ma maison :
Le Renard sera bien habile,
S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon.
Le porc à s'engraisser coûtera peu de son ;
Il était quand je l'eus de grosseur raisonnable :
J'aurai le revendant de l'argent bel et bon.
Et qui m'empêchera de mettre en notre étable,
Vu le prix dont il est, une vache et son veau,
Que je verrai sauter au milieu du troupeau ?
Perrette là-dessus saute aussi, transportée.
Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ;
La dame de ces biens, quittant d'un oeil marri
Sa fortune ainsi répandue,
Va s'excuser à son mari
En grand danger d'être battue.
Le récit en farce en fut fait ;
On l'appela le Pot au lait.

Quel esprit ne bat la campagne ?
Qui ne fait châteaux en Espagne ?
Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,
Autant les sages que les fous ?
Chacun songe en veillant, il n'est rien de plus doux :
Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes :
Tout le bien du monde est à nous,
Tous les honneurs, toutes les femmes.
Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ;
Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi ;
On m'élit roi, mon peuple m'aime ;
Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;
Je suis gros Jean comme devant.

Je dédie cette fable à ceux qui comme Perrette, se voient déjà en haut de l'affiche. Ce qui est bien avec Jean de la Fontaine, c'est qu'on peut y lire ce qu'on veut...comprenne qui pourra. 

Pub et télévision publique : bon ménage?

Comme un pavé dans la mare, Nicolas Sarkozy a annoncé en conférence de presse son souhait de voir supprimer les pages publicitaires sur les chaines publiques. Que faut-il en penser ?

Lionel Jospin, en son temps avait également mené cette réflexion, sans que celle-ci aboutisse.

Coursbourseaout04fvr05_1  Immédiatement après cette annonce les actions des chaines privées ont monté fortement en bourse. Logique.

Les revenus des chaines publiques proviennent pour un tiers de publicité. Comment compenser cette perte ?

Nicolas Sarkozy propose qu’une taxe sur la publicité transférée aux chaines privées finance une partie de la différence. Oui une partie seulement. Le reste ? De l'argent public? Quel recul auront les journalistes des chaînes une fois privées des seules recettes indépendantes du pouvoir en place? L'autocensure dèjà forte sera t-elle renforcée ?

Dep_tv_cerveau  Ce surplus de publicité ne pourra pas être absorbé par les chaines privées. Elles ne passeront pas 5 fois la même publicité pour un produit, les écrans de pub, déjà très nombreux, ne vont pas être démultipliés indéfiniment. Quoique ...

Leurs recettes ne vont donc pas exploser, même si les chaînes privées sont en situation de monopole. Leurs dirigeants ne seront sans doute pas enthousiastes à l'idée de financer la concurrence.

Comment ça se passe ailleurs ?

Dans la plupart des pays européens, à l’exception notoire de la Grande Bretagne, les chaines publique vivent toutes en partie de publicité.

La BBC, souvent citée en exemple, à juste titre, est financée à 100 % par l’état anglais, avec un budget double du nôtre, à peu de chose près. Une bonne partie de leurs ressources provient de la vente de programmes qu’ils produisent eux-mêmes. La BBC est, quand même, également la chaine qui a lancé le maillon faible…. Sans commentaire.

Donc rêver d’une chaine publique culturelle, sans publicité, avec l’audience de TF1, ça n’existe pas. C’est comme les champs de purée…

Toute cette réflexion se pose dans un contexte où les chaines perdent et vont continuer à perdre inexorablement leur place prépondérante au profit d’internet … On se dirige tout droit vers un émiettement des médias.

Finalement, le système actuel n’est peut-être pas si mal, la quantité de publicité ne me semble pas insupportable, les programmes sont variés, à la fois destinés à un public populaire et de qualité. Globalement, la télévision publique française n'est pas si mauvaise. Et, entre nous, vu ce que la droite a déjà fait des services publics, j'ai une méfiance instinctive dès qu'elle y touche. Cela part rarement d'une bonne intention.

Enjeu de l'aménagement du territoire : stopper la périurbanisation galopante

L'aménagement d'un territoire est une chose passionnante et qui a des répercussions importantes sur la manière dont on envisage l'avenir à long terme pour toute la population.

La prospective en la matière est l'un des piliers de la réussite. Une planification qui tienne compte de facteurs en apparence sans rapport avec l'aménagement d'un territoire quel qu'il soit est un outil de construction de son avenir.

Pour cette raison, la Région Nord Pas de Calais a décidé d'être partie prenante dans la perspective d'occupation des sols en région. Les pouvoirs publics nationaux ont trop longtemps manqué de vision à ce sujet. Les villes débordent, les campagnes se vident.

L'activité, hyper concentrée dans les grandes agglomérations, entraîne une surpopulation urbaine. Il faut bien trouver du travail! L'activité attire l'activité, les entreprises s'agglomèrent les unes aux autres autour des villes. La désindustrialisation massive au profit des activités de service favorise d'ailleurs ce type de localisation.

Le niveau de vie ayant augmenté, l'accès à la propriété individuelle est à la portée de plus en plus de ménages aux revenus moyens qui fuient les centres villes, trop chers, ou surpeuplés. Les constructions vont donc bon train, on construit, on construit. De plus en plus, de plus en plus loin. Avec des conséquences

sur les rapports inévitablement dégradés entre des populations qu'on entasse les unes sur les autres dans les quartiers sans mixité sociale. On crée des ghettos, de riches, de pauvres.

sur les capacités de captation naturelle de l'eau de pluie par exemple, de moins en moins de terre, de plus en plus de béton.

Sur les aménagements en terme de réseaux : électricité, eau...

sur la pollution

sur les transports.

On habite de plus en plus loin de son travail, ce qui pose énormément de problèmes de circulation – bouchons interminables à l'entrée des agglomérations, accidents – et avec un coût de l'essence qui devient exhorbitant, la charge qui pèse sur les ménages augmente en conséquence.

Alors, tout est une question de choix, ici, dans la région, les élus de droite préfèrent consacrer des milliards qu'ils n'ont pas à construire une nouvelle autoroute pour réduire les bouchons. C'est un point de vue.

L'exécutif de la Région préfère une vision à plus long terme en développant les transports propres, de façon très ambitieuse puisqu'elle s'apprête à emprunter UN MILLIARD d'euros pour développer les transports et les infrastructures.

Il devient urgent de stopper cette périurbanisation, toujours plus et plus loin. Reconquérir les campagnes constitue la base d'une vraie politique d'aménagement du territoire. Toutes les campagnes, pas que la Creuse ou l'Ardèche. Les zones rurales de la Région se désertifient aussi, se vident de leur activité économique, et il est long et difficile de l'y faire revenir. On y trouve pourtant une grande qualité de vie, des gens formidables, un immense potentiel de progrès social qualitatif. La politique de Pays, accompagnée par la Région, en est l'instrument politique. Le domaine d'intervention de la politique de la Ville étant ... la ville.

Image0005   Aménager un quartier d'une ville déserté par l'activité économique est tout aussi nécessaire. Un exemple : le quartier du Virolois à Tourcoing, où la Région investit pour reconstruire le lycée Le Corbusier, ainsi qu'un Centre de Formation d'Apprentis pour la Métropole Lilloise, un complexe sportif, l'Atelier (illustrations de cet article). Cela va, sans aucun doute, transfigurer ce quartier de friches industrielles en y apportant de l'activité, du mouvement, de la vie quoi!

2008 , année électrique

Dimanche 6 janvier 2008

Pas terrible comme rime, un peu facile, je reconnais. J'ai cherché un mot en « ique » qui signifie « en suspension entre deux périodes différentes », mais je n'ai pas trouvé. Par contre, j'ai bien l'impression qu'il règne dans le pays une tension qui fera que la moindre étincelle fera chavirer d'un côté ou de l'autre. Une période de latence.

Je profite de mon blog pour vous souhaiter une très bonne année 2008, ainsi qu'à ceux qui vous sont chers, très chaleureusement, dans votre vie personnelle et professionnelle.

C'est très convenu, mais c'est sincère. Et si, en plus, c'était efficace, ce serait magnifique.

Alors, allons-y. Rêvons un peu. Je vous souhaite pour 2008 :

  • que la première chose que vous voyiez en ouvrant les yeux soit une personne que vous aimez
  • de vous lever chaque jour de bonne humeur,
  • d'attraper, au pire, un rhume des foins en été
  • de garder ou de trouver un travail qui vous permette de faire vivre votre famille décemment et où il vous est agréable de vous rendre le matin
  • de n'avoir comme souci concernant votre logement que la nouvelle tapisserie du salon
  • de ne pas devoir renoncer à l'achat d'un saucisson parce qu'il coûte 1,24 € ( ne souriez pas, vous, derrière votre ordinateur, c'est une réalité ).
  • d'avoir des voisins, jeunes et vieux, qui existent pour vous et pour qui vous existez,
  • de vivre dans un lieu où le bruit qui domine est celui des rires des enfants qui jouent
  • de terminer l'année en étant heureux de l'avoir vécue parce que vous aurez appris des tas de choses.

J'ai oublié quelque chose ? L'amour, la famille, la santé, l'emploi, le logement, le pouvoir d'achat, la sécurité, l'évolution personnelle.

Certains vivent déjà cela au quotidien, tant mieux pour eux, d'autres en sont bien, bien loin. C'est vers eux que je me tourne en priorité.

Bonheur Pour certaines choses, personne ne peut rien. On ne peut rien faire pour que vous soyez de bonne humeur, ou amoureux. Ce qu'on peut faire, c'est vous empêcher de l'être, d'ailleurs certains font cela très bien en ce moment, je trouve.  Mais personne, nulle autorité, aucune théorie ne peut faire le bonheur des gens. C'est une chose bien trop personnelle qui ne concerne pas la sphère publique. Par contre, dans un esprit plus constructif, ce que les pouvoirs publics, la politique, peuvent faire, c'est créer les conditions générales optimales pour y parvenir.

Cela, certains politiques y attachent plus d'importance que d'autres. Mais là, c'est à vous de voir...