« février 2008 | Accueil | avril 2008 »

LETTRE AU MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE

En charge de la mission Lutte contre l’illettrisme au sein du Conseil Régional Nord – Pas de Calais, il m’apparaît de toute première importance de vous alerter sur les indicateurs régionaux particulièrement alarmants concernant la maîtrise des savoirs de base : lire, écrire, compter.

Au-delà de l’importance de ces apprentissages dans la vie personnelle et professionnelle de chaque citoyen, que vous connaissez et sur laquelle je ne reviendrai pas, je voulais attirer votre attention sur la situation très difficile de notre Région.

L’Etat et la Région ont demandé conjointement une extension régionale de l’étude INSEE sur l’illettrisme. Celle-ci est tout à fait inquiétante. En pourcentage de population concernée, en degré de difficulté, tous les chiffres sont ici largement supérieurs aux statistiques nationales.

Ceci s’explique par le passé industriel, minier, textile, qui a très largement contribué à la richesse de notre pays, mais qui est aujourd’hui révolu, laissant de côté des milliers de gens. Le Conseil Régional s’est toujours fortement impliqué dans la lutte contre l’illettrisme. Mais le problème prend une ampleur qui dépasse aujourd’hui les moyens que nous pouvons lui dédier.

Apprendre à lire et à écrire aux citoyens est une mission de l’Education Nationale, une mission de l’Etat, or, la définition communément admise de l'illettrisme se caractérise par le suivi d'une scolarité dans le pays habité.

Comment pourrait-on ne pas croiser ces données avec le très lourd tribut aux suppressions de postes d’enseignants acquitté par le Nord – Pas de Calais ? Je ne citerai pas de chiffres car vous en disposez de manière bien plus détaillée que moi. Nous sommes, proportionnellement, les plus touchés par ces suppressions, alors que notre population souffre d’un niveau de formation inférieur aux autres régions de France, d’un taux d’illettrisme, de chiffres du chômage tous supérieurs aux données nationales. A tel point qu’il arrive à ses habitants de se demander s’ils sont punis de quelque chose.

Il n’est pas dans mon intention de mettre l’Education Nationale en accusation. Les enseignants dans leur immense majorité remplissent leur tâche avec beaucoup de compétence et d’implication. Comment, cependant, remplir cette mission lorsque les effectifs dans les classes augmentent systématiquement ? L’effet direct de la baisse démographique étant, certes, les suppressions de postes en dessous d’un certain nombre d’élèves par classe, mais le dommage collatéral est bien de provoquer le sureffectif des classes restantes.

Je viens plaider auprès de vous la cause de centaines d’enfants qui passent au travers des mailles du filet de l’enseignement faute de structure définie qui les prennent en charge, et qui d’année en année se retrouvent éloignés du système scolaire, mis à la marge et prédestinés à l’échec, au chômage et à l’exclusion.

Plusieurs éléments plaident en faveur d’une réaction rapide et volontariste dans leur direction :

  • Le coût exorbitant que cela représente pour notre pays. L’Education Nationale est l’un des budgets les plus importants de l’Etat. Sortis du système scolaire, une partie de ceux qui ont échoué sont pris en charge : en formation générale ou professionnelle, en acquisition des savoirs de base ou en formation qualifiante, et cela représente une nouvelle charge financière importante. On retrouve l’autre partie au chômage, bénéficiaire des minima sociaux. Cela représente encore une dépense très conséquente.

  • Le désarroi des personnes en difficulté, qui humainement ne saurait nous laisser insensibles. La spirale de l’échec est très difficile à enrayer tant horizontalement – pour un individu au long d’une vie – que verticalement – de façon intergénérationnelle. L’efficacité des apprentissages de base est, de plus, bien plus difficile à acquérir pour des adultes que pour des enfants. On ne peut donc pas parler de lutte contre l’exclusion sans évoquer ces enfants.

  • Le manque à gagner en termes de compétences, de richesse pour nos entreprises, d’adéquation des compétences aux emplois est énorme. Un chiffre précis : dans le Nord – Pas de Calais, qui compte 4 000 000 d’habitants, 10% des adultes qui ont entre 18 et 65 ans, ont de graves difficultés dans les fondamentaux de l’écrit. 5% ont des difficultés importantes, et 7% des difficultés partielles. Dans tous les cas, c’est plusieurs points au dessus du niveau national.

Monsieur, le Ministre, vous comprendrez qu’au vu de ces éléments, il n’est pas envisageable pour notre Région d’accepter sans protester les trop nombreuses suppressions de postes dont elle est frappée. J’entends l’argument rationnel et implacable de la baisse démographique, mais je ne saurais y souscrire.

Au contraire, je vous prie instamment de reconsidérer la situation de la région sous l’angle de l’investissement à moyen terme. En acceptant de le faire, il deviendrait alors cohérent de suspendre les suppressions de postes d’enseignants et de profiter de cette baisse démographique qui ne va durer que quelques années pour faire un énorme effort qualitatif envers les enfants, en redéployant les moyens humains nécessaires à un enseignement ciblé.

Il convient de resserrer les mailles du filet au travers duquel les élèves en difficulté passent trop facilement afin de, réellement, lutter contre les exclusions et pour l’égalité des chances, comme se doit de le faire l’Ecole de la République.

Mairie de Tourcoing, nouveau mandat, nouvelle équipe!

La Ville de Tourcoing a procédé à l'installation de son nouveau conseil municipal samedi dernier. Cérémonie solennelle, ponctuée par quelques moments d'improvisation sympathiques et par l'incapacité de l'opposition à respecter le pacte républicain.

Le moment était fort en émotion. Un passage de témoin entre l'ancien Maire et le nouveau est toujours un moment fort, surtout après plusieurs mandats par un Maire qui a marqué la ville. Même lorsque cela se passe dans un bon climat, ce qui n'est pas toujours le cas. Les Tourquennois ne s'y sont pas trompés, et ils étaient très nombreux à vouloir participer à ce premier conseil municipal.

Le hall de l'Hôtel de Ville était plein, la salle des fêtes aussi. Des voisins venus en amis, Martine Aubry, René Vandierendonck, nous avaient rejoints, et je crois qu'ils étaient aussi heureux que nous.

Maire  Michel-François Delannoy a fait son premier discours de Maire. Réaffirmant les priorités déjà affichées dans le projet dans un discours volontariste et exigeant, s'inscrivant dans la lignée des Maires qui ont construit Tourcoing.

Getattachmentdron  A l'image de Gustave Dron, en l'hommage de qui nous sommes allés déposer une gerbe de fleurs avant de nous rendre au Monument aux Morts sur la place de la Victoire.

Une manière de s'inscrire dans la continuité de l'histoire de Tourcoing, d'affirmer que nous ne sommes pas les premiers et que nous ne sommes là où nous sommes que parce que d'autres avant nous ont voulu que la ville avance. Les Tourquennois nous ont confié leur ville, l'équipe en place aura à coeur de l'emmener vers demain.

Michel-François Delannoy m'a confié la responsabilité de l'éducation. De la maternelle à l'université, en passant par l'apprentissage. Je suis très consciente de l'importance de cette mission, elle est l'une des priorités de notre programme.

Les choses vont se mettre en place, je vous en reparlerai.

En politique aussi, il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre

Jean François Copé nous a encore fait un cours de lanque de bois ce matin, il a dû oublier de lire son propre livre « Promis j'arrête la langue de bois ». Le pauvre, il ramait face au journaliste qui, chiffres à l'appui, essayait de lui faire dire que la droite a été sanctionnée par le scrutin d'hier.

L'ordre venant de haut était « nier la défaite, traduire le résultat par une impatience légitime des Français devant des réformes qui traînent, affirmer que c'est juste un rééquilibrage après la vague bleue de 2001 ».

C'est évident! Les Français ont adoré la franchise médicale. Les personnes agées ont hâte de payer la redevance télé. Les salariés ont très envie de troquer leur CDI contre un contrat précaire et leur droit du travail contre un CNE – ah non, c'est vrai, il a été supprimé, inutile et néfaste. Les enfants ont tout intérêt à voir diminuer le nombre de professeurs et augmenter celui d'élève par classe. Nous sommes tous fascinés devant l'entreprise de destruction massive de nos services publics. Et les Français extrêmement attachés à la laïcité voient avec bienveillance Nicolas Sarkozy rendre de plus en plus poreuse la frontière entre politique et religion.

Je ne pense pas, vraiment, que le message que doit recevoir la Droite au pouvoir soit celui-là.

En dehors de l'adhésion à des projets de gauche - car nous avons proposé de bons projets!, le message à recevoir est plutôt : arrêtez d'agir comme vous le faites.

Non, vous n'avez pas été élu pour casser les services publics, pour supprimer à coups de calculette des postes d'enseignants pour nos enfants, pour précariser le monde du travail en opposant modernité et progrès social. Vous n'avez pas été élus pour transformer la France en pays ultra libéral, il y a eu tromperie dans l'élection.

C'était bien dans le programme de l'UMP, mais les électeurs n'ont entendu que les promesses sur le pouvoir d'achat, sur les valeurs sociétales à défendre, sur la sécurité, sur l'emploi. Ce en quoi ils ont été trompés, c'est que le pouvoir d'achat, c'est pour les autres, pour ceux qui en ont déjà beaucoup, les valeurs, ce sont celles de la droite, à savoir la loi du plus fort, la sécurité, que fera t-il de plus qu'en étant Ministre de l'Intérieur?, l'emploi, oui, mais l'emploi précaire!

La Droite ne se prépare pas de beaux jours si elle continue à refuser d'entendre le peuple français. C'est son choix.

MERCI !!!

Lundi 10 Mars 2008Armoiries20tourcoing

Après plusieurs mois de campagne électorale, la gauche réunie derrière Michel-François Delannoy a obtenu le très bon score de plus de 53% des voix au premier tour.

Cover_braderie0601 Tourcoing, l'une des villes surveillées de près par les grands médias nationaux parce que LA ville qui allait faire basculer la Communauté Urbaine de Lille à droite, après tant d'années passées sous la haute autorité de Pierre Mauroy. Tourcoing dont le Maire, Jean-Pierre Balduyck, a eu la sagesse et l'intelligence de savoir passer le relais, chose rare et difficile en politique.

A l'instar de plusieurs membres de l'équipe municipale sortante qui ont fortement contribué à la victoire d'aujourd'hui. Annie Desquiens, Véronique Delsinne, Patrick Bernard pour ne citer que ceux-là mais il y en a d'autres.

Colbert_4

Corbusier

Photo_003

Crrav

Atelier_2

lycéeColbert - le chantier du CFA et du lycée Le Corbusier - le CRRAV - L'Atelier

Tourcoing, la ville convoitée par C. Vanneste porté par sa victoire aux législatives et, croyait-il, par la locomotive Sarkozy.

Locomotive qui se révèle être une Micheline cahotante et asthmatique. Un candidat, aussi et surtout, handicapé par son mépris ( l'avez vous entendu décréter que les électeurs de Tourcoing avaient voté comme des ch'tis » à la sortie de l'Hôtel de Ville?), et par ses prises de positions controversées, prétendant attaquer la ville au bulldozer et à l'explosif, alors que celle-ci est un subtil équilibre nécessitant d'être géré avec une précision d'horloger.

Alors merci, mille mercis à vous qui avez voulu que Tourcoing continue d'avancer dans le bon sens. Vous ne vous y êtes pas trompés et vous serez fiers de votre ville et de son rayonnement. Elle est en mutation et cela n'est pas facile, mais vous pouvez déjà en deviner les contours. Mon seul regret est l'abstention, toujours importante. Il semblerait pourtant que, une fois n'est pas coutume, ce soit les électeurs de droite qui se sont abstenus. Comprenne qui voudra!

Nous avons fait une belle campagne, avec beaucoup d'enthousiasme, d'énergie et de volonté. Une campagne de terrain, militante, respectueuse, une campagne de proposition, constructive. Une campagne exemplaire avec toutes les forces de gauche avec nous, ce qui a été un facteur de réussite indéniable.

Mais ce n'est que grâce à vous, hommes et femmes de Tourcoing, et avec vous, que nous voulons continuer de faire de notre ville une cité dont on est fier de dire qu'on y vit.

Alors merci.

Et revoilà la journée de la femme.

Placebo_lactose Il est de bon ton de s'y associer, mais il y a différentes manières de le faire. Moi, c'est en entendant la revue de presse de Michel Grossiord ce matin que, comme chaque année, je me suis dit que décidément cette mise à l'honneur officielle est un placebo.

Mettre les femmes à l'honneur c'est bien. Est-ce que cela change quelque chose à votre double, voire triple journée ? Est ce que cela partage mieux les tâches ménagères? Est ce que cela va vous donner le même salaire que votre collègue masculin? Est ce que cela va vous donner le poste à responsabilité auquel vous postulez? Alors que c'est bien cela le problème.

Nous avons vraiment un souci avec ça en France. Un problème de représentation de ce qui est féminin ou masculin. Il paraît que les hommes ne savent plus trop où ils en sont et que c'est pour cela qu'ils défendent toujours leur pré carré. Oh la la! Je sais des femmes qui sont bien plus néfastes à la cause féminine que bien des hommes!

Restent nos institutions, toujours aussi rétrogrades.

En France, une loi qui voulait imposer au moins 20% de femmes dans les conseils d'administration ou les conseils de surveillance a été retoquée par le conseil constitutionnel car jugée contraire au principe d'égalité.

Pour information, l'Espagne impose que 40% des sièges des conseils d'administration soient occupés par des femmes.

C'est choquant ! Il est inadmissible que dès qu'un rééquilibrage s'exerce en faveur des femmes, il est refusé sous prétexte d'égalité. La situation sociale des femmes n'est pas égale à celle de l'homme, et le conseil constitutionnel devrait être sanctionné par la HALDE pour incitation à une pratique discriminatoire par un organe officiel de l'Etat.

Gouges  Pauvre Olympe de Gouge! Presque 300 ans après, on en est encore là!

C'est d'autant plus incompréhensible que la présence des femmes est économiquement rentable! On constate un écart de rendement positif de 34 % pour les entreprises ayant plus de femmes dans leur conseils d'administration. La valeur ajoutée est en terme d'ouverture vers l'extérieur, d'innovation, de performance, d'organisation, de vision à long terme.

Les femmes sont encore très peu présentes dans les postes à responsabilités. Les élues sont encore cantonnées aux secteurs dits féminins. Les femmes sont les premières victimes du chômage et de la violence. On exhibe les réussites comme des justifications d'une soit disant généralité. "Vous voyez qu'il y en a!"

Quand on aura fait notre mutation, on pourra faire une journée de la Femme, celle-ci sera alors sincère et véritable. D'ici là, Mesdames, comptez plus sur vos capacités, vos compétences, votre talent pour évoluer, et surtout, revendiquez, revendiquez et revendiquez ce à quoi vous avez droit.

« Bienvenue chez les chtis », morceau de rigologie

Jeudi 6 Mars 2008

Oui je sais, cela n'existe pas, je l'ai entendu hier lors de l'excellente émission de Yves Calvi, C dans l'air consacré au film. Sur le plateau, un linguiste, un sociologue, un journaliste, un grand reporter, une thérapeute du rire.

D'abord, Ch'timi, vous savez ce que ça veut dire, vous? Et bien il est grand temps. Ch'est ti, ch'est mi, bref, ch'est tertous ( note du traducteur : c'est toi, c'est moi, bref, c'est tout le monde). Car sachez, vous qui vous gaussez de notre patois, que celui aurait pu devenir, à l'instar de l'occitan ou du champenois, la langue officielle du pays.

Pourchassé à la Révolution par les comités de salut public, il est devenu interdit de l'utiliser afin de ne pas entraver l'unification du pays. Mais apparemment, il a bien survécu.

Le reportage nous montre Bergues, le fameux Bergues, où défilent les touristes à la recherche des lieux de tournage. La moindre des choses serait d'avoir « une place Dany Boon » à Bergues, même les Bourguignons montent dans le Nord... C'est incroyable. C'est un phénomène de société à analyser.

Images D'abord, c'est un bon film, « le rire est un réflexe vital destiné à nous maintenir en bonne santé physique et mentale » (Corinne Cosseron) et chacun de nous en a besoin, on en fait même des thérapies, et le rire déclenché par le film est sain, on ne se moque de personne.

L'image de la Région ensuite. Quel extraordinaire mutation de l'image du Nord Pas de Calais dans l'esprit des Français a lieu en ce moment? Je ne fais que rencontrer des gens qui m'interpellent en ch'ti en ce moment. Ceux qui ont réussi à le voir attendent patiemment d'y retourner.

Nous avons maintenant quelques jours de recul depuis la sortie du film. Ce soir nous en sommes à 5.000.000 (5 millions d’entrées). Pathé s’attend par projection à un score de 12 à 15 millions d’entrées.

J’ai eu des échos de l’Avesnois, du Maubeugeois … où les places étaient réservées tout simplement pour le week end complet dès samedi. Des sondages qualitatifs effectués sortie de cinéma de toute la France, donnent des informations instructives : envie de venir faire un tour dans le Nord, image positive et sympatique des nordistes... Une très grosse société pharmaceutique qui délocalise une partie de ses effectifs sur le Nord indique les répercussions positives en terme de motivation de leur personnel pour la mobilité…

Maintenant revenons sur ces fameux 600 000 euros qui nous ont été reprochés, alors qu’ils ne sont pas, je le répète, une partie du budget Culture mais simplement une affectation d’une part du budget communication.

Quel est le professionnel qui ne rêverait pas, pour ce montant, d’avoir certains droits d’exploitation d’images d’un film si populaire et qui rend notre région si sympathique aux yeux de millions de Français.

_remarch__de_no_l_bergues_2006_010_                    Alors oui Bergues (« Beurgues ») est flamande, non, nous ne mangeons pas tous du Maroilles au petit déjeuner et tous les postiers ne sont pas joueurs de carillon. Mais quand même, globalement, nous nous reconnaissons ou nous avons croisé des personnages proches de ceux dépeints dans ce film. Et cela fait chaud au cœur de voir le plaisir de ceux qui ont vu le film, qui veulent y retourner et d’entendre les gens répéter des morceaux de dialogues.

Une précision, l’aide au tournage de 300 000 euros accordée par le CRRAV, structure majoritairement financée par le Conseil Régional, va être remboursée avec un bonus.

Pour tout vous dire, en écrivant ceci, j'écoute des extraits du film et j'en ris encore.

Une élection peut en cacher une autre

En septembre 2008 vont avoir lieu les prochaines élections sénatoriales.

Vous vous dites, " Mais pourquoi elle parle des sénatoriales? Ce n'est pas le sujet, on est en pleine campagne municipale! Elle est fatiguée par la campagne! "

Oh que si, c'est le sujet. Petit rappel sur le mode d’élection de la « haute assemblée» : les Sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par des grands électeurs.

Senat1Le renouvellement se fait encore par tiers mais passera par moitié dans les prochaines années (un peu long à expliquer en détail).

577 députés, 1870 conseillers régionaux, 4000 conseillers généraux et 142000 délégués des conseils municipaux constituent les grands électeurs.

Un tiers des cantons va être renouvelable ce dimanche, ce qui signifie que ce corps électoral quasiment au complet va être renouvelé.

Vous voyez le rapport maintenant?

Les prérogatives des sénateurs sont très importantes : vote du budget de l’état, proposition de lois, amendement des lois avec le système de navette, participation aux révisions constitutionnelles …

Pm02  Prendre son bulletin de vote dimanche aura aussi cette conséquence sur la désignation de nos futurs sénateurs.

Conséquence politique, quand on connaît par moment l’inertie du sénat, son conservatisme jalousement défendu par une majorité de droite indélogeable et son pouvoir de censure des lois présentées par les Députés de l’assemblée nationale, élus eux-mêmes au suffrage universel direct.

En prenant votre bulletin de vote dimanche vous influencerez directement votre pouvoir législatif et contre pouvoir si vous le trouvez nécessaire.

Alors, oui, on vote - surtout dans les petites communes et petites villes - en fonction de la compétence des candidats, et moins en fonction de leur couleur politique, mais le bulletin de vote que vous mettrez dans l’urne aura immanquablement une couleur politique. Même si la Droite voudrait tellement que vous croyiez le contraire.

Paroles, paroles, paroles

Plus j'entends parler le Président de la République, plus je me dis deux choses :

  • On le retrouve tel qu'il est dès qu'il se met à réagir spontanément : nerveux, colérique voire grossier. Il cède très vite à la provocation et perd son calme, cela se traduit par un langage fort peu châtié dans la bouche d'un Président de la République Française. Mais quel talent lorsqu'il s'est agi de camoufler cette propension à l'agressivité face à Ségolène Royal et de retourner cela contre elle. Comme du jiu-jitsu, cet art martial qui consiste à retourner la force de l'adversaire contre lui.

  • Dès que ses discours sont préparés, il se coule aisément et exactement dans ce que vous qui l'écoutez, avez envie d'entendre. Toujours avec la même recette simpliste, je vous en fais un petit à la Sarkozy :

Images « Je suis heureux d'être parmi vous aujourd'hui. Pourquoi? Je vais vous le dire : je suis heureux parce que je suis fier. Fier d'être parmi vous qui êtes un pilier. Non : LE pilier de la cohésion nationale! Sans vous, sans votre investissement quotidien, pour vous mais aussi pour les autres, nous savons tous que la France ne serait pas le grand pays dont nous sommes fiers.

Alors je voudrais, aujourd'hui, vous en remercier!

Tout ne va pas bien. Je le sais parfaitement. Quand vous vous démenez pour remplir au mieux votre mission, d'autres, une poignée d'individus, ont décidé de vous empêcher d'avancer. Est ce que cela est normal? Non, ce n'est pas normal! Et je vous le dis, je ne l'accepterai pas. Et je ne les laisserai pas faire. Je serai à vos côtés pour faire valoir vos droits. Parce que vous devez pouvoir continuer à vous engager comme vous le faites, parce que c'est bon pour vous, parce que vous gagnerez plus, parce que ce qui est bon pour vous est bon pour la France! »

Et hop, c'est emballé. Tout y est.

Des phrases courtes pour la compréhension

La reconnaissance sociale. « Comment je ferais sans vous ».

Un bouc émissaire pour focaliser les peurs et les difficultés « les méchants c'est les autres ».

Poser ses propres questions pour y apporter ses propres réponses

Quelques affirmations. « je suis avec vous », « je suis solidaire ».

Des évidences morales contre lesquelles personne n'oserait s'élever.

Après, que cela soit sincère et/ou véritable. Peu importe puisqu'ils l'ont élu... Mais les discours insincères et irréalistes sont à double tranchant car l'effet boomerang des déçus ne fait pas dans le détail. D'où l'inutilité des envolées incantatoires de la Droite lorsqu'elle conjure les électeurs de ne pas confondre scrutin local et politique nationale. Les gens font ce qu'ils veulent dans l'isoloir. C'est avant qu'il faut y penser, avant de faire n'importe quoi de leur vote, avant de ne pas respecter ses engagements, avant de prendre des mesures d'une injustice criante, avant d'étaler sa vie privée dans les magazines, avant de prendre des positions politiques outrancières.

Et quand, en plus, il y a un bon projet en face...