Mon Cannes à moi
Aucun rapport avec ce qui précède ni avec ce qui va suivre.
Juste un coup de cœur cinématographique, c'est de saison, pour un acteur à l'immense talent, à mes yeux en tout cas : Tom Hanks.
On a coutume de classer les acteurs en deux grandes catégories.
Ceux qui jouent. Plus spontanés, ils s’investissent peu dans leur personnage mais en font une composition telle qu’ils le ressentent. Ils jouent à être quelqu'un d'autre, le temps d'une scène, d'un film. Un exemple : Depardieu.
Et puis il y a une seconde catégorie, ceux qui s’imprégnent de leur personnage à tel point qu’à la fin, ils semblent plus ne faire qu’un avec lui. Ils ne jouent plus le rôle, ils le vivent , ils deviennent quelqu'un d'autre. Beaucoup sont issus de la prestigieuse école de l’Actors Studio : Robert de Niro, Meryl Streep, Marlon Brando, Nicole Kidman, James Dean, Steeve Mac Queen, Paul Newman, Willem Dafoe. Tom Hanks est de ceux-là.
Carrière brillante, construite lentement, en passant par le théâtre, par Tchekov, Shakespeare, organisateur de festival de cinéma, c'est un touche à tout éclectique, loin de l’image de la star hollywoodienne traditionnelle type people.
Il faudra qu’il attende ses 37 ans pour connaître ses premiers gros succès en 1993 : « nuits blanches à Seattle » puis « Philadelphia » où il campe un brillant avocat malade du sida, en 1994 il est le déconcertant « Forrest Gump », en 1999, il est gardien de prison dans « la ligne verte », en 2000, dans « Seul au monde », il réalise l’exploit d’être quasiment seul dans ce film frôlant le huis clos. Le magistral plan final, sur un carrefour anonyme d’Amérique, m'évoque l’homme seul face à son destin.
Comme Robert De Niro dans « Voyage au bout de l’enfer » où, accoudé à un bar, en seconde partie de film, vous avez le sentiment que Robert de Niro a vraiment vécu la guerre du Vietnam.
Comment oublier « Saving Private Ryan » - « il faut sauver le soldat Ryan » en français - en 1998, film dans lequel il est un modeste capitaine d’infanterie. Humain, courageux, cultivé (professeur de lettres) et coincé entre de multiples contradictions : le devoir, la vanité du sacrifice, l'intérêt général avant tout le reste, l'humanité face à la guerre …
Il est capable par ses silences, ses regards, ses hésitations de nous toucher au plus profond de notre âme comme Robert Redford sait aussi le faire dans Gatsby le magnifique adapté du roman de F.Scot Fitzgerald.
Côté français, bien que nous n’ayons pas l'actors studio, je reconnais un talent semblable à Daniel Auteuil, qui s’exprime au mieux dans « Quelques jours avec moi » de Claude Sautet « ou ma saison préférée » de Techiney.
Mais je ne suis pas critique de cinéma, juste une simple spectatrice.





