Deux articles récents dont un dans le Monde m'ont particulièrement agacée.
Les journalistes commentent les sondages comme si le vote avait eu lieu et en tirent déjà les conclusions. Je propose que nous supprimions purement et simplement le vote et que le dernier sondage connu nous donne les résultats définitifs. Cela fera une économie au budget de l'Etat.
Mon propos n'est pas de critiquer les sondages, car ils ont leur utilité incontestablement, ils donnent des tendances. Des TENDANCES ! Mais lorsque le sondage lui même définit une proportion de ¼ des sondés sans opinion et que la campagne officielle télévisée n'a pas encore commencé, il faut savoir raison garder et les prendre pour ce qu'ils sont.
Alors qu'à l'UMP on n'aime pas trop parler de ces trop bons sondages démobilisateurs, il se trouve certains de nos camarades qui s'en servent pour savonner la planche à nos candidats et à nos équipes de campagne.
J'entends déjà certains membres de la direction nationale commenter le match alors que celui n'a pas encore eu lieu et d'autres prodiguer des conseils avec beaucoup d'arrières pensées. Protégez moi de mes amis, je me charge de mes ennemis!
Comment interpréter l'intervention de notre ancien premier secrétaire qui conseille de se rapprocher de François Bayrou, en pleine campagne électorale ''et rechercher les divergences et les convergences''. Il voudrait nous déstabiliser qu'il ne s'y prendrait pas autrement.
Le PS aujourd'hui rame pour rattraper toutes ces années passées à diviser pour mieux régner au lieu de travailler à construire un projet alternatif crédible et solide, passées à éliminer les talents émergents des nouvelles générations au lieu de les favoriser.
Et pendant ce temps, sous couvert d'une exigence politique de façade sans scrupule envers les risques encourus par le PS pourvu qu'ils récupérent la mise, il s'en trouve comme Peillon ou Rebsamen qui fixent des règles et des objectifs, inatteignables en l'état justement à cause de ces années passées à s'entretuer plutôt que de construire.
Le PS ne gagnera que lorsqu'il cessera ses querelles internes, lorsque la moitié de ses élus cesseront de se penser les seuls à pouvoir assumer ''la lourde tâche de candidat'' à ceci ou à cela, lorsque l'intérêt général prévaudra sur les intérêts particuliers, lorsque certains de ses représentants cesseront de porter atteinte à son image par des manoeuvres désinvoltes qui décrédibilisent tout le monde. Un cheval de Troie ne ferait pas plus de dégâts.
L'impact de ce que fait, ou pas, un parti politique dans le résultat d'une élection quelle qu'elle soit, ne saurait lui être entièrement imputable. Tellement d'autres facteurs entrent en ligne de compte : l'offre électorale, la personnalité du ou des candidats, le rejet ou l'adhésion envers le parti en place, la participation au vote, l'intérêt pour le scrutin...
Les choses sont cependant ainsi faites que, lorsque un parti gagne des élections, il en tire bénéfice. Car la victoire provoque l'enthousiasme et requinque. Si on doit chercher les coupables en cas de défaite, la victoire, elle, a beaucoup de pères.
C'est pour cela qu'il n'y a aucune raison pour que l'après européenne ait un impact sur la direction du PS en dehors de celle, détestable, de vouloir devenir calife à la place du calife, juste pour être calife...
Commentaires