Le 8 mai 1945 est commémoré depuis 1953. Les anglo-saxons l'appellent le V-E day (Victory in Europe day). Le 8 mai correspond au jour de la capitulation sans conditions (Bedingungslose Kapitulation) du dernier gouvernement nazi. Il faut se souvenir qu'après le suicide d'Hitler un gouvernement – dit le gouvernement de Flensburg - dirigé par l'amiral Dönitz a dirigé l'Allemagne encore quelques semaines. Celui-ci espérait pouvoir négocier un traité de paix séparé. Pour les alliés, cela était totalement exclu et une reddition sans condition était exigée.
Bizarrement cette capitulation fut signée à Reims le 7 mai 1945, mais l'histoire aura retenu un autre jour. Aujourd'hui nous célébrons en fait la fin de la guerre bien qu'elle se soit encore prolongée quelques mois. Des parties de notre territoire ont été occupés jusqu'en août 1945.
Comme tous les ans, j'ai participé avec de nombreux autres élus, aux cérémonies du souvenir aux côtés du Maire, de nombreux enfants de l'école Prévert et, bien sûr, d'anciens combattants. Le discours de Michel-François Delannoy à cette occasion, a été lourd de sens. Apprenons de notre passé! Que même si cet aspect sombre de notre histoire s'éloigne avec le temps qui passe, on ne puisse jamais dire qu'on ne savait pas.
Qu'on ne savait pas que l'obscurantisme conduit à l'aveuglement, qu'on ne savait pas que le racisme et la xénophobie élevés au rang d'idéologie politique peuvent conduire à la barbarie, qu'on ne savait pas que la démocratie est fragile face à la force et à la brutalité.
Et pourtant!
Pourtant, pendant que la majorité des peuples s'applique à tirer des leçons et ne pas oublier, il y en a qui osent encore en tirer parti. Et pourtant les mêmes qui fondent leur action politique sur la peur de l'étranger, sur l'instauration d'une race supérieure, se pressent au premier rang des cérémonies. Et pourtant, régulièrement, les camps de concentration font l'objet de remises en cause. Comme si les tourments endurés par les victimes, morts ou survivants, descendants, n'étaient pas déjà assez insupportables, il faut encore les atteindre en niant leurs souffrances. Comme si on les tuait une deuxième fois. Et pourtant, il se trouve encore des femmes et des hommes pour adhérer au négationnisme, à la thèse nauséabonde d'une sous humanité. Et cela, je ne le comprends pas.
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