Depuis 10 jours, les medias audiovisuels nous inondent du matin au soir d'informations affolantes liées au virus H1N1 dénommé aussi grippe porcine , puis débaptisé devant la juste révolte des éleveurs de porcs, et rebaptisé grippe A, comme virus grippal de type A, recouvert de protéines de surface l’hémagglutine (H) et la neuraminidase (N), sous forme de spicules, j'en sais des choses ! Non, mais c’était dans le journal de ce matin.
Les cartes se succèdent où sont signalés à grands renforts de flammes rouges les « cas probables » voire « très fortement suspects » ou « avérés ». Je n’invente rien. On nous affole à cause du très fameux principe de précaution, au point que j’hésite à prendre mon courrier dans la boite aux lettres sans gants et masque. Et si le facteur avait passé ses vacances au Mexique sans me prévenir ?
Car sur l’échelle d’alerte de 6 barreaux de l’OMS, on en est déjà au niveau 5. Une grippe « normale » cause la mort en France de 6 à 7000 personnes chaque hiver et là nous en sommes à 102 morts dans le monde entier et déjà à l’avant dernier niveau d’alerte. Au secours ! L’échelle va être trop petite!
Après ça il ne faut pas s'étonner par exemple, de voir des images d’une mère hystérique à la sortie d’une école parisienne parce qu’il y avait un cas probable de grippe, que les pouvoirs publics n'avait même pas vacciné toute la population, que c'était scandaleux... cette dame était tout à fait affolée pour un cas qui s’est finalement révélé être faux.
Tout cela pose quand même sérieusement question. Quelle est l’efficacité de tout ce tintamarre qui contribue plus à provoquer la panique qu’à rassurer. Les informations se succèdent en boucle avec un vocabulaire inquiétant : alerte pandémique, gravissime, traçabilité des malades – sic, les images fortes d’aéroport avec des voyageurs masqués. Lorsqu'on sait que ces masques sont très vite inefficaces et deviennent même de véritables nids à microbes en l’espace de quelques heures.
La machine médiatique s’est emballée et Roselyne Bachelot surcommunique pour montrer comment le gouvernement est efficace face à une épidémie de grippe qui n’existe même pas encore.
Et c’est le comble. On commente un évènement qui n’a pas eu lieu en se basant sur des informations non avérées Pourquoi parler des cas probables ? Pourquoi pas aussi évoquer les cas susceptibles de devenir probables? Pour vraiment justifier l’expression « information au conditionnel »? On sent même certains journalistes à la limite de l’énervement en interviewant des professeurs de médecine qui n'annonce pas assez vite les mauvaises nouvelles. Bon elle vient ou elle vient pas cette pandémie ?
Mais heureusement, nous, en France, comme d'habitude, on est à l’abri, grâce à nos stocks de masques et de Tamiflu. Bon, il est bien un peu périmé, mais on n'est pas à ça près... Bref, tout ceci résulte davantage d'une combinaison d'intérêts économiques, de détournement d'attention parce que pendant ce temps là on ne macère pas dans la morosité de la crise, de l'attrait malsain pour le catastrophisme...
Pourtant, sans être ni médecin, ni pandémitologue, je vous fiche mon billet que cette épidémie va s’arrêter avant d’avoir commencé, car le virus A se comporte non comme une pandémie, mais comme une grippe, et les épidémies de grippe en été, c’est comme les champs de purée, ça n’existe pas.
Une des clefs de réussite de cette opération de communication à la fois sanitaire et marketing prend forme à travers le témoignage misérabiliste.
Celui-ci valide le facteur temps, après celui de l’espace promulgué part internet. La temporalité insinue que les rescapés d’ailleurs feront les victimes d’ici.
Quand le doute responsable flirte avec la mise en quarantaine systématique, la société se replie sur elle-même tout en surveillant son voisin.
Dès que l’objet psychose laisse place à l’outil paranoïa, les présomptions deviennent des obsessions qui conduisent à la recherche frénétique d’un nouveau shoot d’information.
Rédigé par: sanglier | 17 juillet 2009 à 17:47