Suite aux européennes, qu'est ce qu'on n'a pas pu lire et dire comme bêtises! Pas plus ni moins que pour les précédentes élections remarquez.
Parfois pour se convaincre soi même, comme lorsque la direction post avril 2002 du PS écumait les médias en affirmant qu'il ne s'agissait que d'un incident de parcours. Tous en coeur, unis comme jamais. Enfin ça, ce n'est pas très difficile...
Parfois pour se rassurer, parce que les politiques sont des gens comme les autres qui ont besoin d'être rassurés lorsqu'ils sont inquiets. Même si parfois, ils ont vraiment raison d'être inquiets.
Parfois pour donner l'illusion que, ayant bien, bien compris les raisons d'une débâcle électorale, ils vont faire tout ce qu'il faut, dès le lundi suivant, on se met au travail et on jure qu'on fera beaucoup mieux la prochaine fois.
Parfois pour dire que ce n'est pas de leur faute et que, par contre, c'est de la faute des autres.
Des Français qui sont allés à la pêche.
Des ténors qui n'ont pas fait campagne.
Des autres partis qui ont été meilleurs. Ah ben oui, mais c'est quand même à la base le principe d'une campagne...ne riez pas : lors d'un scrutin interne, une autre candidate m'avait reproché de faire campagne alors qu'elle ne faisait rien. Du vécu, je vous dis!
De Yann-Arthus qui a fait exprès de programmer son film 2 jours avant le scrutin. Vous rendez-vous compte? Deux jours avant? Tout juste s'il n'a pas fait exprès de polluer la terre pour faire voter vert. Mauvais joueurs, hein !
En ce qui nous concerne, car vous aurez compris bien sûr que rien ci-dessus ne concerne le PS. Tout va bien. Nous avons une victime désignée d'avance puisque nous disposons très confortablement d'une nouvelle premier secrétaire, Martine Aubry, (je ne sais plus comment allier avec élégance un titre qui reste masculin détenu par une femme), élue depuis quelques mois dans des conditions compliquées.
Elle n'a sans doute pas pris la mesure des difficultés à gérer les egos surdimensionnés de ceux qui l'ont soutenue, ni celle des mesures à prendre de toute urgence en terme d'organisation, mais maintenant il va falloir! Il est intellectuellement malhonnête de lui imputer la défaite aux européennes. Transformer en machine de guerre une vieille guimbarde poussive (c'est une image! Ne me tombez pas dessus!) n'est déjà pas facile, mais en quelques mois seulement, c'est IMPOSSIBLE. Il faut du temps, mais là, il faut y aller et attaquer la montagne à la petite cuillère. A commencer par réfléchir aux primaires, le PS en l'état ne peut plus continuer à exister comme s'il était seul au monde et à se regarder le nombril. Mais avant, car une chose à la fois, gagner les Régionales de façon éclatante.
Parce que les grands élus locaux ne vont plus du tout se contenter d'une guerre de tranchées, plus ou moins feutrée, lorsque leur pouvoir local sera menacé par la faiblesse croissante d'un parti socialiste à la direction nationale paralysée par la peur de mal faire, par la hantise d'une expression médiatique hétéroclite, par une paresse devenue normale depuis 10 ans. Nous avons les ressources intellectuelles, de nombreux et grands talents, il faut juste les mettre en musique.
Car en poussant le raisonnement: les Verts se réclamant de leur bon résultat, un PS tiède laissant le champ libre à sa gauche, cela provoquerait une pression pour le partage du pouvoir local. Et comme on n'a jamais été très bons en négociations...
Cela ne va pas du tout plaire, ça! Mais alors pas du tout ...