Bertrand Rothé, sociologue éclectique, bercé dans son enfance par le livre de Louis Pergaud et le film qu'en a tiré Yves Robert « La guerre des boutons » a remis cette histoire de bandes dans notre contexte répressif d'aujourd'hui. Résultat, le grand, charismatique et très imaginatif Lebrac en prend pour 3 mois fermes (dans le livre il se prend une raclée par son père et se retrouve en pension).
Rappel des faits. Le livre de Pergaud raconte l'affrontement, assez violent, de 2 bandes de gosses venus de 2 villages, Verans et Longeverne. Et tout y passe : lieu de d'affrontement en bandes loin des adultes, alcool, cigarettes, prise d'otage avec cruauté, exhibitionnisme, humiliation, représailles, fugue, et même une scène ou l'un des protagonistes fonce avec le tracteur de son père sur la cabane habitée du camp adverse.
Excellente idée ce livre, qui remet en perspective l'évolution de notre société face à l'éternelle révolte adolescente. Et je sais de quoi je parle.
Je suis absolument persuadée de la nécessité de la répression, là n'est pas mon propos. Je suis même parmi les plus sévères dans ma famille politique. Tous les citoyens doivent pouvoir vivre en paix, en premier lieu les plus exposés d'entre nous. Les habitants des quartiers populaires doivent aussi pouvoir bénéficier, tous, d'une protection assurée par la police nationale, dont c'est le travail.
Je suis aussi persuadée que des règles de vie et de respect sont obligatoires pour vivre ensemble, et bien vivre ensemble. A partir du moment où elles sont justes, et qu'elles sont aussi là pour rééquilibrer les inégalités originelles entre les êtres.
Cependant, je suis parfois perplexe devant la démultiplication des règles parfois insolites ou improbables, quand ce n'est pas saugrenues qui nous sont imposées. Alors que des choses qu'on faisait avant sans même y penser sont désormais interdites frappées du sceau de la dangerosité (Je ne parle pas de cette loi très rigolote qui interdit d'appeler son cochon ''Napoléon'', ni de celle qui interdit aux femmes de porter des pantalons sauf lorsqu'elle tient les rênes d'un cheval ou le guidon d'un vélo...).
Exemple : quand les parents ne peuvent plus apporter de gâteaux à l'école parce que les normes d'hygiène ne sont peut être pas respectées... des fois qu'ils risqueraient d'intoxiquer tous les enfants et les leurs avec. Ramons ensemble après pour inciter les parents à s'impliquer à l'école,
Le résultat logique est une paralysie générale car le moindre mouvement est suceptible de contrevenir à une règle ou de provoquer un hypothétique danger.
Et pleurons sur la créativité et l'innovation qui comportent TOUJOURS une prise de risque, je les trouve bien en berne et depuis un bon moment.
* réplique historique et récurrente de P'tit Gibus
Commentaires