Lorsqu'on vous attaque, vous êtes sur la défensive et dans les esprits demeure toujours l'arrière pensée : '' il doit quand même y avoir du vrai là dedans.'' Surtout lorsque les arguments portent sur les élus, cible facile face aux difficultés actuelles.
En balayant le dogmatisme historique de droite - très favorable à la décentralisation- pour redonner la main à l'Etat, idée plutôt de gauche (avec une différence de taille puisqu'il s'agit alors de rétablir une équité entre les territoires ou de l'Etat providence et non de les priver de tout moyen d'action en supprimant le peu de maîtrise de l'impôt qu'elles avaient), le Président nous montre une fois de plus qu'il est prêt à tout pour tuer la gauche. C'est une stratégie élaborée et systémique d'élimination de l'opposition à laquelle nous assistons.
Remarquez, l'idéologie de droite a du plomb dans l'aile. Il n'y a qu'à entendre M Douillet, devenu député, déclarer qu'il s'habille désormais en costume parce que, quand même, il représente l'Etat Français... Tout est dit.
Le PS est peut être en situation politique fragile en ce moment, mais s'il y a une chose qu'il réussit fort bien, c'est ce qu'il fait lorsqu'il est aux responsabilités, notamment dans les collectivités. Nous sommes en train de transformer les régions françaises : 75% des investissements en France se font grâce aux collectivités, majoritairement de gauche. Et les résultats obtenus sont bons. En pleine crise, ce sont les collectivités qui prennent des initiatives pour en atténuer les effet sur les plus modestes. Qui d'autre?
Et cela énerve Nicolas Sarkozy. Surtout juste avant des élections. Surtout quand ses affidés refusent d'aller à la bataille dans ces conditions.
Alors une grande campagne de communication est lancée. Totalement farfelue, mais efficace car dans le sens du vent.
Juste un exemple : tous ces élus coûtent cher. En réduire le nombre fera faire des économies.
Ici, tout est question de point de vue, Monsieur le Président : les indemnités des 6 000 conseillers régionaux et généraux représentent 200 millions d'euros ( auxquels il faut soustraire les cotisations retraite, sécurité sociale, prélèvement des partis) soit 0,03% des budgets des collectivités. Allons maintenant regarder du côté de celui qui trouve que des élus, en majorité de gauche, coûte trop cher.
Facile : nous savons que la cour des comptes épingle régulièrement les dépenses élyséennes et néanmoins pharaoniques. Dernière en date, l'organisation du sommet de l'Union pour la méditerranée : 16 millions pour une journée; 175 millions en 6 mois; plus d'un million d'euros rien que pour le dîner! Moins ponctuel, chaque année, le train de vie de Monsieur Sarkozy coûte la bagatelle de 100 millions d'euros à l'Etat.
L'objectif n'est pas la dénonciation des gaspillages, mais de remettre les choses en perspective.
Le plus scandaleux dans cette réforme n'est même pas ça. C'est de se débarrasser de compétences coûteuses et d'en faire porter le coût, voire le surcoût, par les collectivités en leur retirant simultanément la possibilité de les financer. C'est bel et bien une agression caractérisée contre les collectivités territoriales et contre notre démocratie.
Et vers quel type de régime sommes-nous précipités lorsque le Président de la République jette l'opprobre sur les élus de la République, conseillers généraux ou régionaux ? Un Etat qui n'aime pas ses élus est-il encore une République démocratique, clé de voute de l'identité nationale ?
Rédigé par: michel moine | 10 novembre 2009 à 07:40
Cher Michel,
Rappelons quand même que l'inversion du calendrier par Lionel Jospin a suscité beaucoup de ces dysfonctionnements démocratiques, et que la Droite ensuite a parfaitement su exploiter cette faille en transformant l'Assemblée Nationale en chambre d'enregistrement des décisions présidentielles. On ne peut même pas dire que les élus de l'opposition sont les seules victimes puisque les députés de la majorité sont méprisés et remis durement à leur place lorsque, d'aventure, ils osent se rebeller quand les textes qu'on leur soumet risquent de soulever leur électorat ou criants d'injustice.
Nous traversons une crise politique et on ne s'en aperçoit qu'au travers des difficultés de la gauche à se faire entendre. A droite, c'est un règne impérial.
Alors, la démocratie ...
Quant à l'identité nationale, elle reste à définir. pour certains, elle est représentée par un code génétique et se prouve par une prise de sang, pour d'autres elle se vit tous les jours et elle se tricote par le lien social.
Question de point de vue!
Amicalement ML
Rédigé par: ML Davoine | 11 novembre 2009 à 14:53
Je suis d'accord...
Rédigé par: michel moine | 12 novembre 2009 à 00:16