Je ne me complais pas dans le fait divers mais là, je suis furieuse depuis ce matin et c'est trop. Réveillée par l'affaire Polanski, arrêté pour une affaire de moeurs d'il y a 30 ans. Après, sidérée par les détails. Et surtout, indignée par la réaction des Costa Gavras et autres.
Je vous résume : c'est parce qu'il a fui la justice des Etats Unis, qui vaut bien la nôtre, pendant ces 30 ans, ajoutant ainsi un second délit au premier, qu'il faudrait lui accorder aujourd'hui l'absolution. Que la vie de sa victime, elle, ait été démolie par cette agression n'a donc aucune importance. On transforme le coupable - puisqu'il a reconnu les faits - en victime et la victime en coupable.
En effet, il faut savoir qu'à Hollywood, on a légalisé le droit de cuissage. Pour faire un film, il est tout naturel que les cinéastes couchent avec les candidates actrices. Surtout quand, à 13 ans, elles viennent impudemment les aguicher et qu'elles ont, ultime provocation, un physique attractif. En tout cas c'est ce qu'a dit Costa Gavras ce matin.
Autre argument de poids, parce qu'il est un cinéaste de talent, il faudrait oublier cette vieille histoire. Cette façon de considérer que la société peut influencer la justice pour qu'elle tienne compte du statut social du coupable pour décider si oui ou non il doit être puni me paraît aller totalement à l'encontre des principes républicains qui sont les nôtres.
Autre argument massue, utilisé cette fois par Guy Carlier, l’oracle des Alpes, qui, lui, sait ce qui est bien, ce qui est mal : la victime a demandé qu’on renonce à poursuivre Polanski. On peut la comprendre! Salie depuis 30 ans par un homme qui se dérobe face à ses juges... Costa Gavras a appelé ses amis à Hollywood et ils sont d’accord pour dire qu’il faut oublier cette affaire. Si ce sont ses amis à Hollywood qui le disent... alors!
Hier soir, Frédéric Mitterrand, le cire pompe tourmenté de Nicolas Sarkozy, souffrant d’incontinence verbale chronique, à l’itinéraire tortueux et ayant confessé ses propres turpitudes dans un livre ("la mauvaise vie"), s’est dit stupéfait par l’arrestation de Polanski. Ce pauvre Polanski, toute cette police, cette justice qui lui en veulent ... le monde marche décidément à l'envers!
Si Polanski avait fait face, il y a 30 ans, la victime aurait certainement pu tourner la page et lui même éviter d’être poursuivi par ses fantômes et ses juges.
Une pétition a même été lancée à l’initiative du directeur de la cinémathèque, et je regrette bien qu’il se trouve des actrices comme Fanny Ardant ou Monica Bellucci pour la signer.
Alors pas plus d’acharnement, que de laxisme, mais que Roman Polanski, fasse face à ses juges, ni plus ni moins.
* "Les animaux malades de la peste" Jean de la Fontaine









