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Selon que vous serez puissant ou misérable...*

 Les-animeaux-malades-de-la-peste

 Je ne me complais pas dans le fait divers mais là, je suis furieuse depuis ce matin et c'est trop. Réveillée par l'affaire Polanski, arrêté pour une affaire de moeurs d'il y a 30 ans. Après, sidérée par les détails. Et surtout, indignée par la réaction des Costa Gavras et autres.

Je vous résume : c'est parce qu'il a fui la justice des Etats Unis, qui vaut bien la nôtre, pendant ces 30 ans, ajoutant ainsi un second délit au premier, qu'il faudrait lui accorder aujourd'hui l'absolution. Que la vie de sa victime, elle, ait été démolie par cette agression n'a donc aucune importance. On transforme le coupable - puisqu'il a reconnu les faits - en victime et la victime en coupable.

En effet, il faut savoir qu'à Hollywood, on a légalisé le droit de cuissage. Pour faire un film, il est tout naturel que les cinéastes couchent avec les candidates actrices. Surtout quand, à 13 ans, elles viennent impudemment les aguicher et qu'elles ont, ultime provocation, un physique attractif. En tout cas c'est ce qu'a dit Costa Gavras ce matin.

Autre argument de poids, parce qu'il est un cinéaste de talent, il faudrait oublier cette vieille histoire. Cette façon de considérer que la société peut influencer la justice pour qu'elle tienne compte du statut social du coupable pour décider si oui ou non il doit être puni me paraît aller totalement à l'encontre des principes républicains qui sont les nôtres.

Autre argument massue, utilisé cette fois par Guy Carlier, l’oracle des Alpes, qui, lui, sait ce qui est bien, ce qui est mal : la victime a demandé qu’on renonce à poursuivre Polanski. On peut la comprendre! Salie depuis 30 ans par un homme qui se dérobe face à ses juges... Costa Gavras a appelé ses amis à Hollywood et ils sont d’accord pour dire qu’il faut oublier cette affaire. Si ce sont ses amis à Hollywood qui le disent... alors!

Hier soir, Frédéric Mitterrand, le cire pompe tourmenté de Nicolas Sarkozy, souffrant d’incontinence verbale chronique, à l’itinéraire tortueux et ayant confessé ses propres turpitudes dans un livre ("la mauvaise vie"), s’est dit stupéfait par l’arrestation de Polanski. Ce pauvre Polanski, toute cette police, cette justice qui lui en veulent ... le monde marche décidément à l'envers!

Si Polanski avait fait face, il y a 30 ans, la victime aurait certainement pu tourner la page et lui même éviter d’être poursuivi par ses fantômes et ses juges.

Une pétition a même été lancée à l’initiative du directeur de la cinémathèque, et je regrette bien qu’il se trouve des actrices comme Fanny Ardant ou Monica Bellucci pour la signer.

Alors pas plus d’acharnement, que de laxisme, mais que Roman Polanski, fasse face à ses juges, ni plus ni moins.

* "Les animaux malades de la peste" Jean de la Fontaine

28 septembre 2009 dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (4)

Mathématiques, facteur de distorsion de l'égalité des chances.

Dans l'édition de Mai du journal de l'AFEV - l'association de la fondation Etudiante pour la Ville - un article parmi d'autres avait attiré mon attention. "Echec et maths" se penche sur l'échec scolaire, avec des chiffres qui corroborent les statistiques de l'INSEE et qui nous invite à réfléchir sur la place qu'ont pris les mathématiques dans le système scolaire.

ALGEBRE1  Bon, j'avoue, les maths n'ont jamais été ma tasse de thé. Cela n'empêche pas de vivre, mais cela entraine d'être considéré avec condescendance par les "matheux" et comme scolairement et fondamentalement "à part".




Une réflexion m'a vraiment interloquée en la matière. Une enseignante de physique du lycée de ma fille, alors en seconde, lors d'une réunion parents-profs, voulant inciter les élèves de cette classe manifestement plus tournée vers les langues que vers les matières scientifiques à travailler dur en maths et en physique car (je cite):      " les matières scientifiques sont la voie royale pour entrer dans les grandes écoles, et réussir sa vie".

Un papa furieux est intervenu "je n'ai pas fait d'études scientifiques et je ne me considère pas pour autant comme un raté!". Et l'enseignante, pas démontée: "oui, on peut réussir aussi, mais par des chemins détournés". Hallucinant! Cette enseignante dit vrai pourtant, mais c'est en relayant cela que cette anomalie persiste.

Pour cette raison, l'article de l'AFEV m'a fortement intéressée. Tout d'abord pour constater que si les résultats en français suite aux évaluations en sixième ne sont pas très satisfaisants, ceux en maths sont, eux, encore pires: 35% d'élèves fragiles en maths. Fragilité encore accentuée par les académies présentant un taux d'échec scolaire important, jusqu'à atteindre 49% en Seine-Saint-Denis. 

Loin de moi l'idée de critiquer les maths. Matière passionnante à qui l'humanité doit tant de progrès, de merveilles de construction et de connaissances. Je n'écrirais pas sur cet ordinateur sans les maths, mais vous ne seriez pas en train de lite cette note sans le Français. Je suis d'autant plus à l'aise sur le sujet après avoir moi même procédé au lancement d'un outil formidable "MACPAD", qui permet l'accès aux mathématiques pour tous.

Pour autant, je m'élève, comme l'auteur de l'article, contre la sélection par les maths, cette forme d'élitisme bien français et pas très républicain, qui n'autorise l'accès à ces fameuses grandes écoles qu'aux forts en maths. Avant, pour "faire médecine", il fallait un bac de philosophie. Aujourd'hui, un bac de sciences. Pareil pour "faire du droit, Science Po, l'école normale supérieure" (sic), et tant d'autres.

Gardons les maths pour ce qu'elles sont, pas comme un outil de sélection qui n'a aucun rapport avec les matières enseignées en post bac. Cela commence peut être par là, une orientation satisfaisante.  

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16 septembre 2009 dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2)

Vaches à lait !

Quelle magnifique journée !!!

Ce matin, figurez vous que j'ai entendu une nouvelle qui va changer notre vie : la mienne mais aussi la vôtre ! Nous allons pouvoir boire du lait d'une vache qui aura mangé ... de l'herbe!  

Kuh1_gross  Ce n'est pas extraordinaire ? Ce sera même écrit sur l'étiquette du lait :"issu d'une vache nourrie à l'herbe". Cela coûtera plus cher de 3 centimes, a déclaré l'attaché de presse de l'entreprise qui a eu cette idée géniale, parce que, quand même, il ne faut pas plaisanter avec ça. Vous vous rendez compte ? De la vraie herbe! VERTE ! Avec de la chlorophylle dedans et tout... si si, c'est garanti!

On ne peut que louer cette heureuse initiative d'un géant de l'industrie agro alimentaire en général et des produits laitiers en particulier qui fait son beurre en nous faisant ingurgiter depuis des dizaines et des dizaines d'années des produits dénaturés.

Si pour être sûr qu'une vache mange de l'herbe, il faut que cela fasse l'objet d'un label, et qu'on le paie plus cher, alors je vous laisse imaginer ce qu'elles doivent manger en temps ordinaire les pauvres! Et nous aussi par la même occasion !

Certes, les prix ont considérablement baissé, ce qui démocratise largement l'accès à toutes les ''nourritures''.

Quelle victoire ! Avoir gagné le droit de manger des aliments saturés de sel, de gras, de sucre, des volailles gonflées aux hormones, de la viande d'animaux élevés à la farine... Les seuls à avoir gagné quelque chose dans ce progrès alimentaire, ce sont les industriels !

Et avec quel talent ils nous vendent maintenant du jambon avec 25 % de sel en moins! Pourquoi donc avaient-ils besoin d'en mettre autant avant ? Ils devraient être verbalisés pour ça! Et ils le vendent plus cher bien sûr, comme si ils devaient d'abord ajouter le sel et après l'enlever... on nous prend vraiment pour des boeufs.

Si les vaches savaient ça !

Weinende_Kuh

26 mai 2009 dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1)

Nouveaux nouveaux nouveaux programmes scolaires.

Lundi 21 Avril 2008 

C'est une tradition bien ancrée. Chaque nouvelle équipe ministérielle qui passe doit laisser une empreinte de son passage. Un peu comme lorsqu'on a, ado, gravé ses initiales dans l'écorce d'un arbre immortalisant l'amour du moment « CR + JH = coeur ». Au mépris des réalités de terrain et des équipes, qui en ont assez des changements permanents et imposés, et au mépris surtout d'une politique cohérente.

Dernier exemple en date, la réforme des programmes scolaires, établie on ne sait comment par on ne sait qui, partant de constats erronés pour arriver à des propositions simplistes.

File_306139_264337 Certes l'éducation de nos enfants doit être notre priorité. Ce que leurs professeurs leur apprennent doit leur permettre de construire leur vie, pour eux et pour les autres. Ce que nous savons, ou croyons savoir, évolue chaque jour. Cela implique que ce que nos enfants apprennent doit être réactualisé. Soit.

La stratégie choisie par le Ministre de l'Education Nationale ne diffère guère de celle du gouvernement tout entier. Une déclaration de principe à laquelle on ne peut qu'adhérer suivie immédiatement par une bulle de savon qu'on fait mousser par de la communication.

Préoccupée par l'illettrisme, comment ne pas souscrire à la volonté de « revenir aux fondamentaux »?

Seulement, les exigences posées sont tellement dérisoires qu'elles n'auront pour effet que de diminuer encore et encore le niveau requis en expression écrite et orale.

Les exigences en terme de niveau sont une chose, viennent s'y ajouter les horaires. Les 3 heures d'enseignement en moins du samedi matin inquiètent plus d'un parent, plus d'un enseignant. Les autorités pédagogiques ont fort à faire pour les convaincre de l'efficacité de leur dispositif. Moi, je constate surtout que l'Education Nationale se tourne vers les Communes pour occuper les enfants pendant ces heures là.

Cole2uv Ces heures du samedi matin seront destinées au soutien aux enfants les plus en difficulté? Qui décidera? Les enseignants? Les parents? Les enfants? Les enfants doivent tous bénéficier du même nombre d'heures d'école, et cela le plus possible. Les heures de soutien doivent arriver en plus et être ciblées : lorsqu'un enfant a des difficultés, ce n'est pas forcément par le soutien scolaire qu'on doit l'aider. Cela peut être un problème médical (vision, audition, dyslexie), ou un problème social perturbant l'enfant au point qu'apprendre à l'école devient secondaire. Que peut le soutien scolaire contre ça? Au contraire, nous manquons cruellement de médecins scolaires, et on supprime des postes d'assistant social.

Mais on vous explique doctement que le ratio élève/professeur est inférieur en France que dans les pays européens et que c'est pour cela qu'on supprime des postes? Que répondre à cela ? (je fais du Sarkozy...) Je vais vous le dire : ce ratio est calculé sans tenir compte des professeurs réellement face aux élèves. Car il y a un nombre incalculable d'enseignants qui n'enseignent pas mais qui comptent dans les statistiques.

Ces nouveaux programmes, en laissant une liberté d'interprétation de leur contenu presque totale faute de faire des choix, laissent aussi autant de versions des choses à enseigner qu'il y a de professeurs. Cette liberté de ne rien vouloir imposer ressemble à ce qui est souvent reproché aux parents en ces jours où la parentalité est régulièrement mise en accusation face à l'inconduite de leurs enfants. L'école s'apprête à faire ce qu'elle voudrait voir cesser de la part des parents sous prétexte de liberté. Or un cadre pour grandir et apprendre n'est pas une entrave à la liberté, bien au contraire, un enfant a besoin de guides et de repères pour avancer en sécurité vers sa propre liberté. De même, il est très déstabilisant pour un salarié de ne pas avoir une direction à suivre. Un navire où il n'y a pas de capitaine est un navire à la dérive.

Institutionnaliser un horaire incompressible hebdomadaire pour l'acquisition des fondamentaux pendant la classe (puisqu'il devient nécessaire de le préciser), analyser et solutionner les causes de l'échec lorsqu'ils sont médicaux ou sociaux, ne pas reporter sur les parents la responsabilité de remédier à l'échec car cela ne fait que reproduire les inégalités, demander aux professeurs sur le terrain, devant des élèves, ce qu'il en pensent, revoir le collège unique. De nombreuses pistes sont à explorer avant de renoncer. Garder le bon et améliorer le reste.

L'école à deux vitesses est en marche.

Cette note a été inspirée par un article de Luc Ferry et de Jack Lang dans le Nouvel Observateur du 13 au 19 Mars 2008.

21 avril 2008 dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2)

Paroles, paroles, paroles

Plus j'entends parler le Président de la République, plus je me dis deux choses :

  • On le retrouve tel qu'il est dès qu'il se met à réagir spontanément : nerveux, colérique voire grossier. Il cède très vite à la provocation et perd son calme, cela se traduit par un langage fort peu châtié dans la bouche d'un Président de la République Française. Mais quel talent lorsqu'il s'est agi de camoufler cette propension à l'agressivité face à Ségolène Royal et de retourner cela contre elle. Comme du jiu-jitsu, cet art martial qui consiste à retourner la force de l'adversaire contre lui.

  • Dès que ses discours sont préparés, il se coule aisément et exactement dans ce que vous qui l'écoutez, avez envie d'entendre. Toujours avec la même recette simpliste, je vous en fais un petit à la Sarkozy :

Images « Je suis heureux d'être parmi vous aujourd'hui. Pourquoi? Je vais vous le dire : je suis heureux parce que je suis fier. Fier d'être parmi vous qui êtes un pilier. Non : LE pilier de la cohésion nationale! Sans vous, sans votre investissement quotidien, pour vous mais aussi pour les autres, nous savons tous que la France ne serait pas le grand pays dont nous sommes fiers.

Alors je voudrais, aujourd'hui, vous en remercier!

Tout ne va pas bien. Je le sais parfaitement. Quand vous vous démenez pour remplir au mieux votre mission, d'autres, une poignée d'individus, ont décidé de vous empêcher d'avancer. Est ce que cela est normal? Non, ce n'est pas normal! Et je vous le dis, je ne l'accepterai pas. Et je ne les laisserai pas faire. Je serai à vos côtés pour faire valoir vos droits. Parce que vous devez pouvoir continuer à vous engager comme vous le faites, parce que c'est bon pour vous, parce que vous gagnerez plus, parce que ce qui est bon pour vous est bon pour la France! »

Et hop, c'est emballé. Tout y est.

Des phrases courtes pour la compréhension

La reconnaissance sociale. « Comment je ferais sans vous ».

Un bouc émissaire pour focaliser les peurs et les difficultés « les méchants c'est les autres ».

Poser ses propres questions pour y apporter ses propres réponses

Quelques affirmations. « je suis avec vous », « je suis solidaire ».

Des évidences morales contre lesquelles personne n'oserait s'élever.

Après, que cela soit sincère et/ou véritable. Peu importe puisqu'ils l'ont élu... Mais les discours insincères et irréalistes sont à double tranchant car l'effet boomerang des déçus ne fait pas dans le détail. D'où l'inutilité des envolées incantatoires de la Droite lorsqu'elle conjure les électeurs de ne pas confondre scrutin local et politique nationale. Les gens font ce qu'ils veulent dans l'isoloir. C'est avant qu'il faut y penser, avant de faire n'importe quoi de leur vote, avant de ne pas respecter ses engagements, avant de prendre des mesures d'une injustice criante, avant d'étaler sa vie privée dans les magazines, avant de prendre des positions politiques outrancières.

Et quand, en plus, il y a un bon projet en face...

03 mars 2008 dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (6)

Noël , note d’ambiance 2007

J'avais en 2006 écrit une note d'ambiance sur la fin de l'année et j'ai constaté en consultant les notes souvent lues que celle ci en faisait partie. Je trouve qu'une note d'ambiance en cette fin d'année 2007 n'est pas inutile.

Non pas que la situation soit plus optimisme que celle de l'année dernière, mais le principe de réalité prévaut. La lueur d'espoir qui s'était allumée avec les présidentielles s'est bien vite éloignée avec l'élection de N. Sarkozy, et carrément éteinte après quelques mois de pratique du pouvoir par l'UMP.

Ajupan8ca72r50ocauyehg3camjgxvbcatb Puisque ceci est une note d'ambiance lissée sur l'année, le pays qui semble se dessiner sous nos yeux ressemble à une caricature. Une France coupée en trois.

Les privilégiés, chouchoutés, encouragés à reconduire d'années en années, de génération en génération, les facilités dans tous les domaines. L'industrie du luxe se porte bien, merci. Le paquet fiscal a été bien accueilli. Les impôts baissent. Les droits de succession diminuent. Les hausses de prix, notamment de l'énergie, sont bien vite amorties. La franchise médicale? Peanuts!* Pour votre parfaite information. C'est instructif!

Le problème n'est pas qu'il y ait des riches, grand bien leur fasse. Le problème est lorsque les riches deviennent de plus en plus riches et contribuent proportionnellement de moins en moins à rééquilibrer les inégalités entre tous les citoyens, devoir de l'Etat qui ne remplit plus son devoir de redistribution équitable en terme, notamment, de services publics.

La deuxième partie est en augmentation. Il s'agit des exclus, de ceux dont l'opinion publique ne se préoccupe que lorsqu'un drame arrive, ceux pour qui les associations se battent, pied à pied, pour les sortir de leurs difficultés, les travailleurs pauvres, titulaires de contrats précaires, les retraités modestes. Et comme l'année dernière, je reviens sur les femmes qui élèvent seules leurs enfants et qui galèrent, jour après jour, pour qui la moindre augmentation des produits de première nécessité, la franchise médicale, le prix de l'énergie, sont un drame.

Le troisième tiers est constitué par l'immense majorité des Français, ni ceux d'en bas, ni ceux d'en haut, comme dirait un ancien Premier Ministre ceux du milieu. De plus en plus d'entre eux ont peur de basculer dans la pauvreté, ni exclus, ni privilégiés, qui travaillent, ou qui vont retrouver du travail, pas bénéficiaires par les mesures très marquées du gouvernement mais concernés par les services publics de santé, d'éducation, de sécurité parce que ce sont leurs enfants qui sont, en principe, ceux dont les enfants sont les plus susceptibles d'avoir accès à la promotion sociale.

Weihnachten_2 Laissez, vous aussi, votre note d'ambiance. Elle peut aussi apporter une note de chaleur et d'optimisme. Après tout il n'y a pas que la politique, même si ce blog est le lieu privilégié témoin de mon activité au Conseil Régional! Je vais vous souhaiter d'ailleurs en ce nom, une très bonne fin d'année. Je vous donne rendez vous en 2008, soyez-là!

Allez, si je ne croyais pas en l'humain, je ne serais pas de gauche.

* Cacahuètes, rien. 

21 décembre 2007 dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (4)

Cumul des mandats, sport national . Une deuxième !

Mercredi 19 décembre 2007

Force est de constater amèrement qu'on ne peut pas jouer lorsque la règle du jeu n'est pas identique pour tout le monde.

Cumulsmall  Or je constate tout comme vous que cela est bien loin d'être le cas, que même la règle élémentaire de non cumul absolu de la fonction de Ministre n’est plus respectée (c’est Chirac qui l’avait instaurée). Les choses empirent même puisqu'une règle – plus ancienne et non écrite – prévoyant qu’un ministre battu devait quitter le gouvernement, n'est plus à l'ordre du jour.

La commission Balladur sur la réforme des institutions avec plusieurs personnalités de gauche (4 sur 13 dont le Vice-président Jack Lang) n’a même pas retenu le mandat unique pour les parlementaires. Même une commission consultative ne se risque pas à concrétiser cette revendication démocratique!

Sarkozy réfléchirait à une réforme de l’assemblée nationale prévoyant l’augmentation du nombre de députés à 650 pour pouvoir enfin mettre une dose décente de proportionnelle. Augmenter en nombre pour ne pas avoir à partager.

Me réjouissant que le PS ait mis le mandat unique dans son programme électoral en 2007, un secrétaire de section, m’avait répondu avec un air fatigué que c’était déjà au programme il y a plus de 10 ans, et que si c'est toujours accueilli avec des applaudissements enthousiastes, personne n'a jamais concrétisé.

J’ajouterai que si on regarde les têtes de liste des municipales, la France n'est décidément composée que d’hommes blancs. Les femmes ne sont toujours pas têtes de liste, ou quand elles le sont, c’est à la tête de villes ingagnables, ou de villages de 200 âmes. A quelques exceptions près bien sûr! Les bonnes raisons ne manquent pas et la France reste à la traîne dans tous ces domaines.

Pas de découragement dans mes propos, les choses ont évolué, un tout petit peu et elles continueront à évoluer, c’est un mouvement lent mais irrépressible

19 décembre 2007 dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2)

MALADES IRRESPONSABLES

Malade Jeudi 27 Septembre 2007

Ça continue.

Eh oui, la semaine dernière j’avais une petite angine, tout comme Cécilia, mais la mienne est passée totalement inaperçue. Bon, il est vrai que je n’avais pas de rencontre avec les Bush à mon agenda.

J’avoue ma totale irresponsabilité. Cette irresponsabilité se double d’une grande honte. Je mérite, nous méritons tous cette nouvelle franchise imposée aux malades. Car si nous étions vraiment responsables, vraiment citoyens, nous ne serions jamais malades, n'irions pas chez le médecin et ne contriburions donc pas à creuser le trou de la Sécu.

Vous parlez d'une rupture! Discours habituel : les malades sont des irresponsables, et il faut les r e s p o n s a b i l i s e r, et c’est pourquoi il faut mettre des franchises partout (médicaments, hospitalisation, transports …).

Le corps médical n’est jamais mis en cause, jamais interpellé. Alors que toutes les astuces, pour ne pas dire les magouilles, dénoncées dans « Adieu Sécu » par Claude Frémont, ancien Président de la CPAM de Nantes, font frémir les honnêtes malades que nous sommes.

D'autant plus qu'il semblerait que cela se passe souvent avec la plus grande mansuétude du côté du Conseil de l’Ordre des Médecins.

Exemples : les actes de chirurgie esthétiques que certains chirurgiens malhonnêtes font passer pour des actes thérapeutiques. Autre aspect : les laboratoires pharmaceutiques qui vendent des plaquettes de médicaments par boites de 30 quand il ne faut jamais dépasser la dose prescrite qui est de ... 15, dans le meilleur des cas.

Mais cela, c'est quand ils ne nous soignent pas de maladie dont nous ne sommes pas atteints. A ce sujet, la réflexion très sérieuse qui émerge actuellement sur les médicaments censés faire baisser le taux de cholestérol (les statines) et dont l’utilité est de plus en plus sujette à caution.

Je vous renvoie au livre du cardiologue Michel de Lorgeril, chercheur au CNRS. En diminuant le seuil du taux de cholestérol à partir duquel le corps médical prescrit un traitement, on arrive à 6 millions de français qui seraient soignés, au minimum pour rien et pour le coût modique de 1 Milliard d’euros.

Last but not least, l’Etat français qui distribue des baisses de cotisations, sans jamais les compenser. Si, comme il doit le faire, l’Etat reversait tous les avantages accordés sous forme d'exonérations sociales, le régime maladie ne serait certainement pas déficitaire.

En revanche pas un mot sur ces irresponsables, femmes et hommes, qui soignent leur conjoints ou conjointes atteints de la maladie d’Alzheimer, pourtant un problème de santé public. Ils y laissent souvent leur propre santé. Pas un mot sur le fait qu'ils contribuent à faire faire à la Sécu des économies colossales, chiffrables en milliards.

Peut-être qu’un petit – un gros ? - coup de pouce serait le bienvenu pour les aider. Pour l'instant, heureusement, les Conseils Généraux sont présents avec l’APA ! Mais cela dépasse le rôle des collectivités. C'est,encore une fois, celui de l'Etat. Si l'Etat ne doit plus servir à rien, à part à nous culpabiliser, alors il faut nous le dire!

27 septembre 2007 dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2)

Grosse fatigue

Vous, je ne sais pas, mais moi, je suis tentée par une phase attentiste d'observation de la vie politique. Pour voir jusqu'où vont aller les dirigeants de tous crins dans la mise en pratique du grand théorème romain : « donnez leur du pain et des jeux ». Après tout, après Napoléon, pourquoi pas César?

Je suis désolée. Désolée du spectacle amorphe que nous vous offrons, désolée du manque d'humilité de nos « élites », désolée d'être incapable d'offrir l'image d'une alternative dynamique, offensive, crédible, désolée de ne pas proposer un creuset de nouvelles idées, d'un nouveau projet de société pour vivre ensemble, mieux.

La politique nationale n'est clairement pas à la hauteur. Le miracle Sarkozy n'a pas eu lieu. Ceux qui voulaient y croire à toute force sont dépités. La croissance promise comme pendant quasiment inévitable de l'élection Sarkozienne est en panne, et c'est grave car elle devait permettre de financer les cadeaux fiscaux. Les cadeaux sont faits, mais de croissance, point!

Si cela est une surprise pour certains, cela n'en est pas une pour d'autres. Car après tout, quelle différence entre l'UMP d'avant, au pouvoir depuis 5 ans, et l'UMP d'après, au pouvoir pour 5 ans? Aucune. Avant, Chirac était inexistant, maintenant, ce sont les ministres qui le sont. Bof, cette Vème république permet de faire un peu tout ce qu'on veut, alors!

C'est très drôle d'écouter ces ministres qui découvrent une situation catastrophique: la sécurité sociale, la croissance, le budget, le déficit budgétaire... Mais qui était aux commandes depuis tout ce temps? Des extraterrestres? En tout cas, ce n'est pas nous! Ils sont fatiguants.

Et on est prié de ne pas dire que c'est bien fait, ils l'ont voulu, ils l'ont eu, leur Sarkozy. Après tout, la participation au vote a été exceptionnelle, et 17 millions de personnes ont voté pour Royal. Eux subissent la situation sans y avoir été pour rien.

Alors, que faire? Peut être se remettre au travail, tout simplement. Il semblerait que nous en ayons besoin. Il serait intéressant de fédérer tous ceux qui ne se résignent pas, qui sont prêts à s'investir encore, ceux dont le talent, la réflexion, l'esprit de nouveauté affleurent, ceux qui veulent que vive le socialisme.

Photo_272_4 Sans autre enjeu, et c'est là la grande différence avec ce qui se passe chez tel ou telle, que de prouver que, si certains sont prêts à capituler ou à effacer leur ardoise d'un revers de la main, d'autres sont lucides et prêts à relever le défi. Pas d'écurie, pas d'objectif électoral, pas derrière quelqu'un ou quelqu'une. Juste comme ça, pour réfléchir ensemble, pour se prouver que le socialisme français est bien vivant, pour s'assurer qu'être de gauche représente quelque chose dans notre société d'aujourd'hui et de demain plutôt que d'hier, toujours hier. Pour savoir ce qu'on fait là.

Une petite note d'optimisme pour redonner un peu d'espoir à ceux qui attendent quelque chose sans trop savoir quoi. Même s'ils sont fatigués.

07 septembre 2007 dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (0)

Ma France à moi

Je me permets d'emprunter ces paroles de la chanson de Diam's comme titre de cette note. Elle ne m'en voudra pas, nous avons les mêmes valeurs et Thierry Mandon comme dénominateur amical commun.

Ma France à moi, elle est généreuse, elle est solidaire, elle ne laisse pas les gens mourir de misère. Elle est grande, et parce qu'elle est grande et qu'elle a confiance en elle, elle peut aller vers les autres et leur tendre la main.

Dans ma France à moi, il fait bon vivre parce que la différence ça rend fort, ça rend riche, ça s'échange. On est tous des immigrés, mes racines maternelles sont en Belgique et elles m'ont apporté la force de continuer malgré les difficultés.

Un pays qui se recroqueville sur lui même, qui a peur, qui rejette, qui fait des différences et établit des hiérarchies entre les êtres humains, c'est un pays qui ne va pas bien. Pour être libre, au moins dans sa tête, il faut être assez grand pour accepter l'autre même s'il est différent. Surtout s'il est différent car « n'aimer que ce qui nous ressemble, c'est s'aimer soi-même, ce n'est pas aimer », Tierno Bokar, c'est une bonne définition de l'égocentrisme!

Peut-on être libre quand on n'aime que soi même? Oui, sans doute, me direz-vous, c'est plus facile, on n'a pas à composer avec les autres et les autres sont toujours moins ou plus que soi même.

Mais alors, nous n'avons vraiment pas la même conception de la vie en société...

Cependant, tout en vivant au quotidien dans un monde d'individualisme excessif, on chacun ne pense qu'à servir son propre intérêt, je ressens pourtant une attirance très forte d'une grande majorité de personnes vers les formes de solidarité, de mieux vivre ensemble.

Les porte à porte sont en cela surprenants. La plupart des habitants – à part quelques grognons comme il y en a toujours eu - ne demandent pas mieux que de discuter, d'échanger, alors que la première impression générale est un repli sur soi.

Serions-nous enfin arrivés au bout du processus du chacun pour soi? Dans tout comportement humain, il y a un effet de balancier entre tout et son contraire avant de trouver un point d'équilibre. Nous nous en approchons par l'économie sociale et solidaire, par la prise de conscience environnementale, par la démocratie participative, par la place que nous voulons donner aux jeunes, aux plus âgés d'entre nous et aux femmes dans la société.

Car comment construire une France plus forte, plus unie, si on écarte des pans entiers de population de l'accès à une vie meilleure?

Ahqnefrca6un3xgcav9hjayca52dq95caxg  Les deux porte paroles de Ségolène Royal l'ont dit ces deux dernières  semaines, à Valenciennes pour Arnaud Montebourg (ci-contre) et à Wavrin pour Vincent Peillon : c'est toujours grâce à la gauche que tout ce que nous avons aujourd'hui a été rendu possible, et c'est ici, dans le Nord que cela a commencé. 

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Ici Vincent avec Arlette et Thierry

C'est un choix de société qui est devant nous. Ne laissons pas échapper cette chance, surtout pas en chipotant sur ce qui est trop ci ou pas assez ça. Chacun est responsable de son vote. 82% des électeurs portent une part de l'élection de Chirac. Il ne s'est pas passé une journée depuis 5 ans sans que je regrette d'avoir dû prendre ce bulletin à cause de plusieurs choses, dont des gens qui, tout comme aujourd'hui, trouvaient que Jospin était pas assez ci ou trop ça. A croire que ceux là ont été heureux de ces dernières années. Moi pas et je ne passerai pas, cette fois, 5 ans de regrets et de colère contre les mauvais coups portés aux plus fragiles de ce pays.

Il y a des circonstances dans lesquelles il faut savoir foncer. Et c'est MAINTENANT!

14 avril 2007 dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (10)

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