Bilan des législatives pour la parité dans le Nord
Coup d'oeil dans le rétroviseur. Où en sommes-nous de nos belles intentions paritaires pré électorales? La parité est-elle soluble dans les élections?
Un bilan fédéral très parlant : 24 circonscriptions. 12 sortants. 12 réservées femmes. 13 (re)gagnées. 13 hommes. O femme.
Les chiffres ne coïncident pas? C'est vrai, parce que ce n'est pas parce qu'une circonscription a été réservée pour une femme, qu'une femme s'est présentée. Il y a les partenaires, qui n'ont pas respecté ce principe lorsque les circonscriptions "femmes" leur ont été proposées. Il y a les circonscriptions où il n'y avait pas de femmes candidates. Vous savez, c'est comme en Chine où il n'y a plus de femmes dans des régions entières.
Pour les autres, entre les circonscriptions où nous n'avions aucune chance, celles - non pas imperdables car aucune ne l'est - où il n'était pas question que les sortants ne se représentent pas, celles où les sections, en désaccord avec le choix de la candidate -parce que femme, parce que réellement contestable, parce que conflits internes - le bilan est aujourd'hui que la puissante fédération PS du Nord n'envoie aucune députée à l'Assemblée Nationale.
J'ai, une fois de plus entendu, en aparté bien sûr, au Conseil Fédéral, que, décidément, les femmes étaient incapables de gagner des élections. Ce mépris, souvent déguisé par le ton de la plaisanterie est imparable parce qu'insidieux. Elevez-vous contre ce machisme à peine larvé et vous serez immédiatement cantonné au rôle de mauvais joueur ou de sale caractère et regardé comme un zombi qui "ne comprend vraiment rien à la politique".
Sans doute Madame Anne-Marie Comparini n'a t-elle pas su apprécier tout l'humour de M Devedjian lorsqu'il l'a traitée de salope. Elle a toute ma sympathie. Qu'il dénonce la récupération politique de ses paroles ne m'étonne pas. Ce genre de sortie n'est pas politiquement correct. Ce qui est surtout très ennuyeux pour lui, ce n'est pas ce qu'il a dit, c'est que tout le monde le sache... Mais qu'il se rassure, ses propos ne sont que la partie immergée de l'iceberg. Le reste est bien plus grave.
Je salue Denise Cacheux pour son inlassable combat, Michèle Sabban, Ségolène Royal, Laurence Rossignol, bien sûr, Yvette Roudy, et toutes les autres. N'oubliez pas Mesdames, "Si une femme peut monter à l'échafaud, alors, elle peut aussi monter à la tribune!".Olympe de Gouges.


