HAPPY HANGING ?*

Les images diffusées en boucle par une chaîne d’info de la mise à mort de Saddam Hussein par des bourreaux cagoulés sont choquantes, indignes et insupportables.

Saddam Hussein était un dictateur sanguinaire et sans pitié et il méritait d’être jugé et condamné.

Mais la façon dont le procès a été mené, le lieu, la composition du jury étaient contestables. De plus, puisqu'il n'a été jugé que pour une partie infime de ses méfaits, les souffrances des kurdes irakiens et les victimes chiites du sud de l’Irak, comme tant d'autres, ont été écartées d'un revers de main.

Mais qui va dénoncer cela? Les pays occidentaux? Certains sont trop heureux d’échapper à la mise en lumière de leur duplicité pendant de nombreuses années avec ce régime dictatorial.

Les Etats-Unis? Pays qui organise lui même la mise à mort de femmes et d’hommes au nom de la « justice »? Heureusement, les consciences évoluent aussi là bas.

Un contexte douteux, donc, et qui aboutit au pire : une exécution par des hommes masqués, faisant immanquablement penser aux méthodes sanguinaires d’exécutions brutales d’otages l’an dernier.

Nous sommes farouchement contre la peine de mort. L'assassinat froidement légitimé d'un être humain ne saurait entrer dans nos valeurs, cela ne fait qu'abaisser l'homme qui le commet à l'état sauvage. Encore l'animal, lui, tue pour se nourrir.

Quant à l'efficacité de tuer ainsi un dictateur pour en faire un martyr, nous savons tous le danger que cela représente, attisé par la diffusion des images de son éxécution dans le monde entier, avec une complaisance totalement irresponsable. Cela a t-il une chance de décourager les kamikazes? D'apaiser les terroristes? De tempérer les conflits? Absurde!

La peine de mort a paraît-il deux avantages : un effet punitif et un effet dissuasif. En tout cas, c'est ce qu'en disent ses partisans pour se justifier. Quelle humanité reste t-il dans un tel acte? Oter la vie sciemment ne saurait être le rôle d'un état de droit. La peine de mort n'a aucun effet dissuasif sur les crimes de sang. Ce n'est qu'un moyen expéditif pour une société de se débarrasser de ses éléments perturbateurs.

Toute cette mise en scène autour de cette éxécution lève le cœur.

En Europe sévit actuellement la mode du « happy slapping » ( ou baffage joyeux) qui consiste à filmer et diffuser sur téléphone portable et sur internet les images de l’agression d’une personne. Au secours! Le monde disjoncte!

Happy hanging, Happy slapping…. Happy new year ?

* to hang : pendre

Le modèle social occidental n'est pas destiné à être ... un modèle

Lu dans "Marianne" de cette semaine: Chine, la grande peur des investisseurs.

Panique dans la mondialisation, vous rendez-vous compte? Le Parlement populaire chinois s'apprête à examiner un texte de loi imposant une amélioration des salaires et des conditions de travail. Actuellement et à titre indicatif puisque non respectée, la durée légale de travail est de 50 heures, le salaire moyen étant de 60€. Le projet de loi envisage une semaine de 40 heures, ainsi que la hausse des salaires et du paiement des heures supplémentaires.

Réaction immédiate et indignée des chambres de commerce internationales pour les Etats Unis et l'Europe remettant en cause les nouveaux investissements voire la poursuite de l'activité des entreprises en Chine si cette loi d'amélioration sociale voyait le jour.

Non seulement, j'espère vivement que les travailleurs chinois vont voir leur sort s'améliorer, mais l'augmentation du coût de l'énergie, et donc du transport, rendra inéluctable l'augmentation des prix des marchandises.

Les innombrables destructions d'emplois et la perte de savoir faire consécutives aux délocalisations, ici en particulier, font considérer tout cela de façon assez amère. Le cynisme des représentants européens et américains n'en sont que plus détestables.

Cela s'appelle du colonialisme économique.

Seuls au monde?

Nous vivons une période étrange, un peu "fin de règne". Si on la compare à une période de la vie, j'hésiterais entre "adolescence", pour la quête d'identité, et "résurrection", pour l'espoir de quelque chose de meilleur.

La France est un pays magnifique, dont les habitants sont majoritairement sympathiques, râleurs, divers et contre. Ils sont contre par principe ou par raison, spontanément ou après réflexion. En général, ils se fichent de l'opinion qu'ont d'eux les autres pays. S'ils estiment que quelque chose est bien ou pas, ils le disent, si on ne les entend pas, ils le crient, et si on ne les entend toujours pas, ils le hurlent. Dans la rue.

Vu de l'étranger, cela paraît irresponsable, la France est souvent décrite comme le pays des grèves à répétition, régulièrement bloquée par des mouvements revendicatifs. On sait quand on arrive mais on ne sait pas quand on repart car à la merci des contrôleurs aériens, de la RATP, de la SNCF...

J'entendais une jeune Française établie en Irlande depuis trois ans. Elle y était allée pour un stage et y avait tenté sa chance, trouvé tout de suite un emploi, puis un autre dont elle était enchantée. Pas de contrat de travail signé, la confiance mutuelle prédomine. Cette pratique est courante à l’étranger.

Deux constatations et deux bémols.

Un jeune sans expérience est très facilement embauché. Est-ce parce que son employeur peut le mettre à la porte du jour au lendemain, ou parce qu’il a confiance ? Parce qu’il n’investit rien en lui ou parce qu’il l’aide à apprendre et à faire ses preuves ? Les rapports sont extrêmement différents qu’il s’agisse de l’une ou l’autre éventualité.

Comment pourrait on comprendre la France vue de ces pays qui fonctionnent si différemment ? Nous avons un passé de lutte pour des acquis sociaux qui ne ressemble à aucun autre. Si, à l’étranger, la population a accepté ce rapport employeur – salarié, ce n’est pas notre cas, et cela fait notre spécificité. Est-ce pour autant que nous sommes archaïques ?

Certes, aujourd’hui, la mondialisation galopante, la domination du monde par les forces économiques et le pouvoir des multinationales fait de notre combat pour la protection des fourmis que sont les salariés, la lutte de David contre Goliath. Faut-il pour autant se résigner ? C’est cela l’exception française, c’est le refus de la résignation.

Regardons plus loin, les aberrations du commerce mondial, ce qu’on nomme le « tourisme industriel », n’auront qu’un temps. Lorsque nous serons face à la raréfaction des énergies fossiles, si faciles à gaspiller, les transports seront au coût réel, et envoyer abattre en Belgique un animal élevé en Bavière, le faire découper en Espagne, conditionner en Italie, puis mis a disposition du consommateur en … Bavière, sera enfin inacceptable. J’exagère à peine !

Nous devons poursuivre notre travail pour restaurer les valeurs du socialisme car le monde n’est pas figé, il évolue, vite. De meilleurs jours sont devant nous. Au fond de notre cœur, pouvons-nous nous résigner à abandonner ces millions de gens ?

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4 ans d'une vie

PETITION POUR LA LIBERTE DES OTAGES
4 ANS SANS INGRID

Monsieur le Président de la République Française, Mesdames et Messieurs les députés européens, nous vous demandons de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour favoriser la mise en place d’accords humanitaires en Colombie, seule issue envisageable pour la libération des otages.

Nous remettons notre espoir entre vos mains.


Proclamation de Yolanda Pulecio, mère d’Ingrid Betancourt

Le 23 février 2006, Ingrid Betancourt était privée de liberté depuis 4 ans, c’est à dire 1 460 jours, 35 040 heures ou encore 2 088 000 minutes, sans pouvoir agir pour son propre compte ni prendre ses propres décisions. Sa tragédie est à l’image de ce que vivent plus de 3000 séquestrés en Colombie.

Y avez-vous songé plus d’une minute ?

Ingrid incarne une femme qui s’affronte avec détermination et grandeur aux maux de la société colombienne. Sa lutte contre la corruption et pour la transparence des services publiques a mis plusieurs fois sa vie en péril ; son engagement permanent l’a poussée à être candidate à la Présidence de la République.
Son enlèvement, le 23 février 2003, s’est produit au beau milieu de la campagne présidentielle, alors qu’elle se rendait auprès de ses partisans à San Vicente du Caguan en zone démilitarisée, peu de temps après la rupture de dialogue entre le gouvernement et les FARC.

La Vie sans Liberté est une vie sans dignité. La séquestration crée des lésions profondes dans la vie et la dignité des personnes. Aucune cause ne la justifie ; il est absurde d’invoquer un révolution supposée rendre sa dignité à un peuple, si elle s’appuie sur l’enlèvement de milliers de personnes. Lorsqu’ils ont enlevé Ingrid ils ont écourté sa campagne politique, ils lui ont enlevé sa liberté et, avec elle, sa dignité de vie. Aujourd’hui, Ingrid est devenue le symbole de la lutte pour la liberté de milliers de personnes en Colombie et à travers le monde.

Le supplice de la séquestration est une douloureuse expression de la dégradation de la guerre.
Seul un accord érigeant les limites humanitaires au conflit armé que connaît la Colombie depuis 40 ans pourra mettre fin à ces séquestrations. Des milliers de personnes ont été aussi victimes d’autres violences : disparitions forcées, déplacements, perte d’êtres chers ou pire, perte de la vie.

Tout acte de violence commis par un acteur armé contre une population civile désarmée est inacceptable et condamnable quelles que soient ces pratiques arbitraires, et quels que soient les auteurs.

Au milieu du conflit armé en Colombie, il existe des enlèvements crapuleux et des enlèvements politiques comme ceux d’Ingrid, de soldats, de parlementaires et de gouverneurs. Les séquestrations politiques sont les plus longues ; certains soldats et policiers connaissent ces conditions infâmantes depuis plus de 8 années. Le Gouvernement a le devoir de chercher une solution urgente à cette situation.

A l’heure actuelle aucune des deux parties ne souhaitent la libération des otages. Ni la guérilla qui les considèrent comme butin de guerre, ni le gouvernement qui juge toute négociation comme étant un acte de faiblesse. Rendre la liberté et la vie à ces personnes est la meilleure manière de démontrer la solidité des institutions colombiennes. Il est urgent qu’un accord humanitaire mette définitivement fin à cette pratique inhumaine de la séquestration.

Nous conjurons le Gouvernement Colombien de ne pas tenter de sauvetage « à feu et à sang » ; les séquestrés ont droit à la vie et la vie est le premier droit de toute nation.

Il est besoin de volonté et décision politique pour trouver une solution qui ne s’applique pas au détriment de l’Etat et des institutions ; plusieurs expériences dans le monde l’ont ainsi démontré.

Parce que “la Vie n’est pas une force pour la violence, mais pour la Liberté” Hannah Arendt

Signez la pétition pour la liberté d'Ingrid Betancourt