TOULOUSE : CONGRES 2008 PART 1

Le Parti Socialiste prépare son congrès, 22 ème du nom de l’ère post SFIO.

6a00d83454359e69e200e54f88f20488348 Bien que nous ayons fêté notre centenaire en 2005, plus précisément le regroupement de différents mouvements socialistes : les guesdistes, les blanquistes, les réformistes et d’autres au sein de la SFIO et dont le principal emblème reste, bien sûr, Jean Jaurés, un intellectuel humaniste, sage visionnaire, assassiné après s’être élevé avec la plus grande énergie contre la boucherie de 1914-1918.

Mais je m’égare ... sauf à dire que nos racines, c'est une chose, notre avenir, c'en est une autre. Accrochés à nos fondamentaux (quoique nous ne soyions plus révolutionnaires !)  nous n'avons pas bien su prendre notre envol pour aller vers demain.

0827_roseblanchearrosee_2 Le Parti Socialiste dans sa forme actuelle avec ses congrès et courants renaît à partir des années 1968/1969. Un premier Nouveau Parti Socialiste, suivi des Poperenistes. La SFIO et d’autres (le PSU) finissent par se regrouper sous la bannière unique du Parti Socialiste dans sa forme actuelle. Tout ça pour dire que ce parti a toujours évolué et qu’il continuera à le faire.

Le contexte du congrès de Toulouse est plutôt incertain. Une 3ème défaite consécutive aux présidentielles, de belles victoires aux élections européennes, régionales, cantonales et municipales. Mais les élections ce n’est pas tout. Nous avons connu aussi des moments difficiles, à ne pas renouveler selon moi : la campagne interne européenne, et la désignation de la candidate aux présidentielles.

Trop de démocratie nuie t-elle à la démocratie ?

Rose_ambiance Sur la question européenne, rien n’est encore vraiment tranché et la braise rougeoie encore sous la cendre. Pour ce qui de la désignation du candidat à la présidentielle, je pense que nous ne renouvellerons l’expérience. Notre problème de leadership n'est un secret pour personne. Tiraillé entre la grandeur d'un projet et la nécessité de le porter avec un minimum de charisme et la multiplicité des talents se reconnaissant dans ce portrait.

Trop de talent tuerait-il le talent?

Rose_rosee Nous avons déjà 2 candidats presque déclarés pour 2012 : Ségolène Royal, s'y prépare, bien évidemment, Laurent Fabius est prêt à repartir, on est en droit d’imaginer que François Hollande et DSK y pensent en se rasant.

Pour le Poste de Premier secrétaire, se sont déjà déclarés candidats d’une manière ou d’une autre : Pierre Moscovici, Julien Dray, Ségolène Royal, Claude Bartolone, Marylise Lebranchu et j’en oublie sans doute … d’autres ne l’excluent pas : Bertrand Delanoé. D’autres y pensent sans doute sans nous le dire.

Il va falloir que nous fassions preuve de sagesse collective pour ne pas revivre un congrès type Rennes, où le débat se situe surtout au niveau des personnes. Ce congrès est un congrès intermédiaire : il y en aura au moins encore un ou deux avant la prochaine présidentielle.

Rose J’ai confiance dans ce parti pour faire sa mue, pour se réorganiser de manière plus efficace. Moins de lourdeur. Il faut repenser le système des courants, cela ne veut pas dire les supprimer, mais les faire travailler dans l'intérêt général et pour les Français. Modifier les hiérarchies. Dégager des majorités claires. Nous ouvrir plus encore à l’extérieur. Réapprendre l’art du compromis. Au diable nos vieux principes, il faut dépoussiérer tout cela.

Poingalarosecouleur Cette cure d'opposition nationale doit nous réapprendre l'humilité, Nous devons travailler, travailler et travailler encore pour retrouver le chemin des responsabilités nationales. Ne serait-ce que pour rétablir la justice sociale, renverser les priorités, remettre l'éducation de nos enfants au centre de notre politique, mieux répartir la richesse, redonner des règles au marché, redonner confiance aux Français. Ca fait envie, hein? C'est exactement ce que nous devons faire : donner envie! 

Nouveaux nouveaux nouveaux programmes scolaires.

Lundi 21 Avril 2008 

C'est une tradition bien ancrée. Chaque nouvelle équipe ministérielle qui passe doit laisser une empreinte de son passage. Un peu comme lorsqu'on a, ado, gravé ses initiales dans l'écorce d'un arbre immortalisant l'amour du moment « CR + JH = coeur ». Au mépris des réalités de terrain et des équipes, qui en ont assez des changements permanents et imposés, et au mépris surtout d'une politique cohérente.

Dernier exemple en date, la réforme des programmes scolaires, établie on ne sait comment par on ne sait qui, partant de constats erronés pour arriver à des propositions simplistes.

File_306139_264337 Certes l'éducation de nos enfants doit être notre priorité. Ce que leurs professeurs leur apprennent doit leur permettre de construire leur vie, pour eux et pour les autres. Ce que nous savons, ou croyons savoir, évolue chaque jour. Cela implique que ce que nos enfants apprennent doit être réactualisé. Soit.

La stratégie choisie par le Ministre de l'Education Nationale ne diffère guère de celle du gouvernement tout entier. Une déclaration de principe à laquelle on ne peut qu'adhérer suivie immédiatement par une bulle de savon qu'on fait mousser par de la communication.

Préoccupée par l'illettrisme, comment ne pas souscrire à la volonté de « revenir aux fondamentaux »?

Seulement, les exigences posées sont tellement dérisoires qu'elles n'auront pour effet que de diminuer encore et encore le niveau requis en expression écrite et orale.

Les exigences en terme de niveau sont une chose, viennent s'y ajouter les horaires. Les 3 heures d'enseignement en moins du samedi matin inquiètent plus d'un parent, plus d'un enseignant. Les autorités pédagogiques ont fort à faire pour les convaincre de l'efficacité de leur dispositif. Moi, je constate surtout que l'Education Nationale se tourne vers les Communes pour occuper les enfants pendant ces heures là.

Cole2uv Ces heures du samedi matin seront destinées au soutien aux enfants les plus en difficulté? Qui décidera? Les enseignants? Les parents? Les enfants? Les enfants doivent tous bénéficier du même nombre d'heures d'école, et cela le plus possible. Les heures de soutien doivent arriver en plus et être ciblées : lorsqu'un enfant a des difficultés, ce n'est pas forcément par le soutien scolaire qu'on doit l'aider. Cela peut être un problème médical (vision, audition, dyslexie), ou un problème social perturbant l'enfant au point qu'apprendre à l'école devient secondaire. Que peut le soutien scolaire contre ça? Au contraire, nous manquons cruellement de médecins scolaires, et on supprime des postes d'assistant social.

Mais on vous explique doctement que le ratio élève/professeur est inférieur en France que dans les pays européens et que c'est pour cela qu'on supprime des postes? Que répondre à cela ? (je fais du Sarkozy...) Je vais vous le dire : ce ratio est calculé sans tenir compte des professeurs réellement face aux élèves. Car il y a un nombre incalculable d'enseignants qui n'enseignent pas mais qui comptent dans les statistiques.

Ces nouveaux programmes, en laissant une liberté d'interprétation de leur contenu presque totale faute de faire des choix, laissent aussi autant de versions des choses à enseigner qu'il y a de professeurs. Cette liberté de ne rien vouloir imposer ressemble à ce qui est souvent reproché aux parents en ces jours où la parentalité est régulièrement mise en accusation face à l'inconduite de leurs enfants. L'école s'apprête à faire ce qu'elle voudrait voir cesser de la part des parents sous prétexte de liberté. Or un cadre pour grandir et apprendre n'est pas une entrave à la liberté, bien au contraire, un enfant a besoin de guides et de repères pour avancer en sécurité vers sa propre liberté. De même, il est très déstabilisant pour un salarié de ne pas avoir une direction à suivre. Un navire où il n'y a pas de capitaine est un navire à la dérive.

Institutionnaliser un horaire incompressible hebdomadaire pour l'acquisition des fondamentaux pendant la classe (puisqu'il devient nécessaire de le préciser), analyser et solutionner les causes de l'échec lorsqu'ils sont médicaux ou sociaux, ne pas reporter sur les parents la responsabilité de remédier à l'échec car cela ne fait que reproduire les inégalités, demander aux professeurs sur le terrain, devant des élèves, ce qu'il en pensent, revoir le collège unique. De nombreuses pistes sont à explorer avant de renoncer. Garder le bon et améliorer le reste.

L'école à deux vitesses est en marche.

Cette note a été inspirée par un article de Luc Ferry et de Jack Lang dans le Nouvel Observateur du 13 au 19 Mars 2008.

Comme des châteaux de sable

En supprimant un lien inactif aujourd’hui, je me suis rendue compte qu’en supprimant un blog, c’était une petite aventure, une partie de notre histoire collective ou d’un parcours individuel qui disparaissait. Car cela passe aujourd'hui aussi par internet.

Sans flamme, sans décomposition. Pfft, comme ça.

Je pense à cette scène de Fellini dans « Roma », dans laquelle une simple ouverture dans une salle souterraine fait disparaître des fresques millénaires en quelques minutes.

Ainsi va la vie sur le net.

Sable_1_ On disait autrefois que les paroles s’envolent et les écrits restent et que. Aujourd’hui, il semblerait que les deux s'envolent.

Même les compact discs, à qui on accordait la vie presque éternelle, ont une durée de vie beaucoup plus courte qu’on ne le croyait : 10, 20, 40 ans? A vrai dire personne ne le sait.

Les supports imprimés classiques sur papier ont eux aussi une durée de vie très courte, de même que les encres que nous utilisons dans nos stylos plumes, pour ceux qui s’en servent encore. Il suffit de rouvrir, pour ceux qui les ont gardés, nos anciens cahiers de classe. Pareil pour nos photos, nos vidéos …

Alors qu'on retrouve, des siècles après, des documents écrits par nos ancêtres, témoignages de civilisations disparues, que restera t-il de la masse des documents actuels dans quelques siècles?

Allons-nous devenir des hommes sans mémoire?

La politique territoriale comme unique objectif?

Après notre beau succès aux élections municipales, surtout à Tourcoing, une question insistante, lancinante et agaçante est posée dès lors qu'un journaliste rencontre un socialiste.

Reg04dg  Aurions-nous renoncé aux responsabilités de niveau national pour nous concentrer sur les collectivités territoriales, Régions, Départements, Mairies, intercommunalités, sous prétexte que nous gagnons les unes et perdons les autres?

Qu'est ce que cela veut dire? Qu'on perd parce qu'on renonce? C'est une belle idée, mais c'est de la philosophie de comptoir. Ou qu'on doit renoncer parce qu'on a perdu? Cela, c'est sans compter les données de la vie politique où les choses changent et se renversent à la vitesse de l'éclair. Vous voulez des exemples?

Ce n'est pas parce que nous avons renoncé que nous avons perdu les présidentielles. C'est la résultante de plusieurs facteurs conjugués, dont l'habileté de Sarkozy à communiquer, les maladresses de notre candidate, l'influence des sondages, notre flou idéologique, le besoin de croire à ce qu'on vous raconte parce que c'est ce qu'on a envie d'entendre... etc

Encore ce matin, le Ministre du budget nous expliquait doctement qu'il était absolument impératif de mettre en place une rigueur budgétaire et un grand plan d'économie – mais ce n'est pas du tout le plan d'austérité budgétaire que la gauche prédisait avant les élections, rien à voir! - pour réduire la dette et les déficits. Soit. C'est sûr que le poste prioritaire d'un budget national ne doit pas être les intêrets de la dette. Donc, on ne remplacera pas un fonctionnaire sur deux, la quantité « n'étant pas un gage de qualité ». Soit, mais le contraire appliqué de façon systématique ne saurait pas non plus être vrai.

Pas à une contradiction près, le Ministre annonce que l'Education Nationale reste néanmoins une priorité. AH BON? On n'avait pas remarqué ici, dans la Région, où le niveau de formation des élèves reste en deça du niveau national et où les suppressions de postes sont dramatiquement élevées depuis des années. 35 élèves par classe en Terminale, sachez que c'est un gage de qualité de l'enseignement pour le Ministre.

Question de choix politiques. C'est pour cela qu'il faut absolument que nous regagnions ce niveau là de pouvoir. Certains se disent que les collectivités territoriales, c'est satisfaisant comme objectif politique, or nous, socialistes, devons rester attachés à un Etat garant de l'équité des services publics dans les territoires.

Même s'il est indéniable que ce sont les collectivités territoriales qui sont devenues les lieux de décision primordiaux pour les grands dossiers, on voit bien qu'un parti politique de gouvernement qui privilégie la puissance de l'argent à la justice sociale signifie pour les Français qu'ils vont payer la réduction des déficits d'une autre manière, qui commence par l'avenir de leurs enfants et peut faire des dégâts irréparables.

Regagner le pouvoir national devient une priorité de premier plan, et si nous sommes capables de faire très bien localement, nous devons prouver que nous sommes tout aussi capables d'assumer des responsabilités nationales.

Le monde va comme il veut. Doit-on le laisser faire?

Ce qu'on nomme parfois l'exception française a la vie dure. Dans les deux sens du terme. Le syndrome du village gaulois est parfois difficile à vivre, on se sent un peu seul au monde. Pourtant, la résistance est forte et persistante face à l'invasion mondiale par une idéologie idôlatre de l'économie triomphante.

Un seul exemple à l'anglo-saxonne, le chômage baisse en France, mais pour quels emplois? Des emplois précaires favorisés par le démantèlement du code du travail, dans des conditions de travail qui révèlent parfois des abus de pouvoir inacceptables.

Le monde va certes comme il veut, doit-on pour autant le laisser faire lorsqu'il ne va pas bien. Personne, en tout cas à gauche, ne peut se satisfaire du nivellement par le bas du niveau de vie, même dans les pays économiquement les plus riches. La justice sociale, déjà bien malade, ne peut pas résister aux assauts violents des puissances d'argent.

J'entendais un reportage disant que la rigueur budgétaire actuelle, cette période d'austérité qui ne veut pas dire son nom – on se demande bien pourquoi – devait être mise en place. Les autres pays du monde ne vont pas mieux. La France doit réduire ses déficits à tout prix. On appelle cela une période de vaches maigres. Car l'Etat est désargenté. Je ne suis pas expert financier, mais lorsqu'on n'a plus d'argent, on ne commence pas par en donner généreusement à ceux qui en ont le moins besoin. Surtout pas en puisant largement dans les dépenses d'intérêt public comme l'éducation.

Comment peut-on silencieusement, unilatéralement, déstabiliser à ce point notre éducation nationale? Comment peut-on accepter la destruction de filières complètes dans les lycées, dans les réseaux d'enseignement soit disant prioritaires ? Alors que les collectivités territoriales, au titre de leurs compétences, y ont investi consciencieusement, soucieuses de l'avenir de nos enfants et de celui de l'économie des territoires?

Ne nous étonnons pas des réactions des parents, des élèves, des équipes pédagogiques, des élus, des usagers lorsque les décisions prises le sont sans concertation, dans l'urgence juste après les élections municipales.

Je n'aimerais pas avoir à appliquer les décisions gouvernementales en ce moment. Confrontées aux réalités de terrain, qui sont fondamentalement différentes voire opposées aux arbitrages nationaux, celles-ci sont indéfendables par les représentants locaux de l'Etat républicain dont, décidément, je me fais une autre idée de l'action.

LETTRE AU MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE

En charge de la mission Lutte contre l’illettrisme au sein du Conseil Régional Nord – Pas de Calais, il m’apparaît de toute première importance de vous alerter sur les indicateurs régionaux particulièrement alarmants concernant la maîtrise des savoirs de base : lire, écrire, compter.

Au-delà de l’importance de ces apprentissages dans la vie personnelle et professionnelle de chaque citoyen, que vous connaissez et sur laquelle je ne reviendrai pas, je voulais attirer votre attention sur la situation très difficile de notre Région.

L’Etat et la Région ont demandé conjointement une extension régionale de l’étude INSEE sur l’illettrisme. Celle-ci est tout à fait inquiétante. En pourcentage de population concernée, en degré de difficulté, tous les chiffres sont ici largement supérieurs aux statistiques nationales.

Ceci s’explique par le passé industriel, minier, textile, qui a très largement contribué à la richesse de notre pays, mais qui est aujourd’hui révolu, laissant de côté des milliers de gens. Le Conseil Régional s’est toujours fortement impliqué dans la lutte contre l’illettrisme. Mais le problème prend une ampleur qui dépasse aujourd’hui les moyens que nous pouvons lui dédier.

Apprendre à lire et à écrire aux citoyens est une mission de l’Education Nationale, une mission de l’Etat, or, la définition communément admise de l'illettrisme se caractérise par le suivi d'une scolarité dans le pays habité.

Comment pourrait-on ne pas croiser ces données avec le très lourd tribut aux suppressions de postes d’enseignants acquitté par le Nord – Pas de Calais ? Je ne citerai pas de chiffres car vous en disposez de manière bien plus détaillée que moi. Nous sommes, proportionnellement, les plus touchés par ces suppressions, alors que notre population souffre d’un niveau de formation inférieur aux autres régions de France, d’un taux d’illettrisme, de chiffres du chômage tous supérieurs aux données nationales. A tel point qu’il arrive à ses habitants de se demander s’ils sont punis de quelque chose.

Il n’est pas dans mon intention de mettre l’Education Nationale en accusation. Les enseignants dans leur immense majorité remplissent leur tâche avec beaucoup de compétence et d’implication. Comment, cependant, remplir cette mission lorsque les effectifs dans les classes augmentent systématiquement ? L’effet direct de la baisse démographique étant, certes, les suppressions de postes en dessous d’un certain nombre d’élèves par classe, mais le dommage collatéral est bien de provoquer le sureffectif des classes restantes.

Je viens plaider auprès de vous la cause de centaines d’enfants qui passent au travers des mailles du filet de l’enseignement faute de structure définie qui les prennent en charge, et qui d’année en année se retrouvent éloignés du système scolaire, mis à la marge et prédestinés à l’échec, au chômage et à l’exclusion.

Plusieurs éléments plaident en faveur d’une réaction rapide et volontariste dans leur direction :

  • Le coût exorbitant que cela représente pour notre pays. L’Education Nationale est l’un des budgets les plus importants de l’Etat. Sortis du système scolaire, une partie de ceux qui ont échoué sont pris en charge : en formation générale ou professionnelle, en acquisition des savoirs de base ou en formation qualifiante, et cela représente une nouvelle charge financière importante. On retrouve l’autre partie au chômage, bénéficiaire des minima sociaux. Cela représente encore une dépense très conséquente.

  • Le désarroi des personnes en difficulté, qui humainement ne saurait nous laisser insensibles. La spirale de l’échec est très difficile à enrayer tant horizontalement – pour un individu au long d’une vie – que verticalement – de façon intergénérationnelle. L’efficacité des apprentissages de base est, de plus, bien plus difficile à acquérir pour des adultes que pour des enfants. On ne peut donc pas parler de lutte contre l’exclusion sans évoquer ces enfants.

  • Le manque à gagner en termes de compétences, de richesse pour nos entreprises, d’adéquation des compétences aux emplois est énorme. Un chiffre précis : dans le Nord – Pas de Calais, qui compte 4 000 000 d’habitants, 10% des adultes qui ont entre 18 et 65 ans, ont de graves difficultés dans les fondamentaux de l’écrit. 5% ont des difficultés importantes, et 7% des difficultés partielles. Dans tous les cas, c’est plusieurs points au dessus du niveau national.

Monsieur, le Ministre, vous comprendrez qu’au vu de ces éléments, il n’est pas envisageable pour notre Région d’accepter sans protester les trop nombreuses suppressions de postes dont elle est frappée. J’entends l’argument rationnel et implacable de la baisse démographique, mais je ne saurais y souscrire.

Au contraire, je vous prie instamment de reconsidérer la situation de la région sous l’angle de l’investissement à moyen terme. En acceptant de le faire, il deviendrait alors cohérent de suspendre les suppressions de postes d’enseignants et de profiter de cette baisse démographique qui ne va durer que quelques années pour faire un énorme effort qualitatif envers les enfants, en redéployant les moyens humains nécessaires à un enseignement ciblé.

Il convient de resserrer les mailles du filet au travers duquel les élèves en difficulté passent trop facilement afin de, réellement, lutter contre les exclusions et pour l’égalité des chances, comme se doit de le faire l’Ecole de la République.

Mairie de Tourcoing, nouveau mandat, nouvelle équipe!

La Ville de Tourcoing a procédé à l'installation de son nouveau conseil municipal samedi dernier. Cérémonie solennelle, ponctuée par quelques moments d'improvisation sympathiques et par l'incapacité de l'opposition à respecter le pacte républicain.

Le moment était fort en émotion. Un passage de témoin entre l'ancien Maire et le nouveau est toujours un moment fort, surtout après plusieurs mandats par un Maire qui a marqué la ville. Même lorsque cela se passe dans un bon climat, ce qui n'est pas toujours le cas. Les Tourquennois ne s'y sont pas trompés, et ils étaient très nombreux à vouloir participer à ce premier conseil municipal.

Le hall de l'Hôtel de Ville était plein, la salle des fêtes aussi. Des voisins venus en amis, Martine Aubry, René Vandierendonck, nous avaient rejoints, et je crois qu'ils étaient aussi heureux que nous.

Maire  Michel-François Delannoy a fait son premier discours de Maire. Réaffirmant les priorités déjà affichées dans le projet dans un discours volontariste et exigeant, s'inscrivant dans la lignée des Maires qui ont construit Tourcoing.

Getattachmentdron  A l'image de Gustave Dron, en l'hommage de qui nous sommes allés déposer une gerbe de fleurs avant de nous rendre au Monument aux Morts sur la place de la Victoire.

Une manière de s'inscrire dans la continuité de l'histoire de Tourcoing, d'affirmer que nous ne sommes pas les premiers et que nous ne sommes là où nous sommes que parce que d'autres avant nous ont voulu que la ville avance. Les Tourquennois nous ont confié leur ville, l'équipe en place aura à coeur de l'emmener vers demain.

Michel-François Delannoy m'a confié la responsabilité de l'éducation. De la maternelle à l'université, en passant par l'apprentissage. Je suis très consciente de l'importance de cette mission, elle est l'une des priorités de notre programme.

Les choses vont se mettre en place, je vous en reparlerai.

En politique aussi, il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre

Jean François Copé nous a encore fait un cours de lanque de bois ce matin, il a dû oublier de lire son propre livre « Promis j'arrête la langue de bois ». Le pauvre, il ramait face au journaliste qui, chiffres à l'appui, essayait de lui faire dire que la droite a été sanctionnée par le scrutin d'hier.

L'ordre venant de haut était « nier la défaite, traduire le résultat par une impatience légitime des Français devant des réformes qui traînent, affirmer que c'est juste un rééquilibrage après la vague bleue de 2001 ».

C'est évident! Les Français ont adoré la franchise médicale. Les personnes agées ont hâte de payer la redevance télé. Les salariés ont très envie de troquer leur CDI contre un contrat précaire et leur droit du travail contre un CNE – ah non, c'est vrai, il a été supprimé, inutile et néfaste. Les enfants ont tout intérêt à voir diminuer le nombre de professeurs et augmenter celui d'élève par classe. Nous sommes tous fascinés devant l'entreprise de destruction massive de nos services publics. Et les Français extrêmement attachés à la laïcité voient avec bienveillance Nicolas Sarkozy rendre de plus en plus poreuse la frontière entre politique et religion.

Je ne pense pas, vraiment, que le message que doit recevoir la Droite au pouvoir soit celui-là.

En dehors de l'adhésion à des projets de gauche - car nous avons proposé de bons projets!, le message à recevoir est plutôt : arrêtez d'agir comme vous le faites.

Non, vous n'avez pas été élu pour casser les services publics, pour supprimer à coups de calculette des postes d'enseignants pour nos enfants, pour précariser le monde du travail en opposant modernité et progrès social. Vous n'avez pas été élus pour transformer la France en pays ultra libéral, il y a eu tromperie dans l'élection.

C'était bien dans le programme de l'UMP, mais les électeurs n'ont entendu que les promesses sur le pouvoir d'achat, sur les valeurs sociétales à défendre, sur la sécurité, sur l'emploi. Ce en quoi ils ont été trompés, c'est que le pouvoir d'achat, c'est pour les autres, pour ceux qui en ont déjà beaucoup, les valeurs, ce sont celles de la droite, à savoir la loi du plus fort, la sécurité, que fera t-il de plus qu'en étant Ministre de l'Intérieur?, l'emploi, oui, mais l'emploi précaire!

La Droite ne se prépare pas de beaux jours si elle continue à refuser d'entendre le peuple français. C'est son choix.

MERCI !!!

Lundi 10 Mars 2008Armoiries20tourcoing

Après plusieurs mois de campagne électorale, la gauche réunie derrière Michel-François Delannoy a obtenu le très bon score de plus de 53% des voix au premier tour.

Cover_braderie0601 Tourcoing, l'une des villes surveillées de près par les grands médias nationaux parce que LA ville qui allait faire basculer la Communauté Urbaine de Lille à droite, après tant d'années passées sous la haute autorité de Pierre Mauroy. Tourcoing dont le Maire, Jean-Pierre Balduyck, a eu la sagesse et l'intelligence de savoir passer le relais, chose rare et difficile en politique.

A l'instar de plusieurs membres de l'équipe municipale sortante qui ont fortement contribué à la victoire d'aujourd'hui. Annie Desquiens, Véronique Delsinne, Patrick Bernard pour ne citer que ceux-là mais il y en a d'autres.

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lycéeColbert - le chantier du CFA et du lycée Le Corbusier - le CRRAV - L'Atelier

Tourcoing, la ville convoitée par C. Vanneste porté par sa victoire aux législatives et, croyait-il, par la locomotive Sarkozy.

Locomotive qui se révèle être une Micheline cahotante et asthmatique. Un candidat, aussi et surtout, handicapé par son mépris ( l'avez vous entendu décréter que les électeurs de Tourcoing avaient voté comme des ch'tis » à la sortie de l'Hôtel de Ville?), et par ses prises de positions controversées, prétendant attaquer la ville au bulldozer et à l'explosif, alors que celle-ci est un subtil équilibre nécessitant d'être géré avec une précision d'horloger.

Alors merci, mille mercis à vous qui avez voulu que Tourcoing continue d'avancer dans le bon sens. Vous ne vous y êtes pas trompés et vous serez fiers de votre ville et de son rayonnement. Elle est en mutation et cela n'est pas facile, mais vous pouvez déjà en deviner les contours. Mon seul regret est l'abstention, toujours importante. Il semblerait pourtant que, une fois n'est pas coutume, ce soit les électeurs de droite qui se sont abstenus. Comprenne qui voudra!

Nous avons fait une belle campagne, avec beaucoup d'enthousiasme, d'énergie et de volonté. Une campagne de terrain, militante, respectueuse, une campagne de proposition, constructive. Une campagne exemplaire avec toutes les forces de gauche avec nous, ce qui a été un facteur de réussite indéniable.

Mais ce n'est que grâce à vous, hommes et femmes de Tourcoing, et avec vous, que nous voulons continuer de faire de notre ville une cité dont on est fier de dire qu'on y vit.

Alors merci.

Et revoilà la journée de la femme.

Placebo_lactose Il est de bon ton de s'y associer, mais il y a différentes manières de le faire. Moi, c'est en entendant la revue de presse de Michel Grossiord ce matin que, comme chaque année, je me suis dit que décidément cette mise à l'honneur officielle est un placebo.

Mettre les femmes à l'honneur c'est bien. Est-ce que cela change quelque chose à votre double, voire triple journée ? Est ce que cela partage mieux les tâches ménagères? Est ce que cela va vous donner le même salaire que votre collègue masculin? Est ce que cela va vous donner le poste à responsabilité auquel vous postulez? Alors que c'est bien cela le problème.

Nous avons vraiment un souci avec ça en France. Un problème de représentation de ce qui est féminin ou masculin. Il paraît que les hommes ne savent plus trop où ils en sont et que c'est pour cela qu'ils défendent toujours leur pré carré. Oh la la! Je sais des femmes qui sont bien plus néfastes à la cause féminine que bien des hommes!

Restent nos institutions, toujours aussi rétrogrades.

En France, une loi qui voulait imposer au moins 20% de femmes dans les conseils d'administration ou les conseils de surveillance a été retoquée par le conseil constitutionnel car jugée contraire au principe d'égalité.

Pour information, l'Espagne impose que 40% des sièges des conseils d'administration soient occupés par des femmes.

C'est choquant ! Il est inadmissible que dès qu'un rééquilibrage s'exerce en faveur des femmes, il est refusé sous prétexte d'égalité. La situation sociale des femmes n'est pas égale à celle de l'homme, et le conseil constitutionnel devrait être sanctionné par la HALDE pour incitation à une pratique discriminatoire par un organe officiel de l'Etat.

Gouges  Pauvre Olympe de Gouge! Presque 300 ans après, on en est encore là!

C'est d'autant plus incompréhensible que la présence des femmes est économiquement rentable! On constate un écart de rendement positif de 34 % pour les entreprises ayant plus de femmes dans leur conseils d'administration. La valeur ajoutée est en terme d'ouverture vers l'extérieur, d'innovation, de performance, d'organisation, de vision à long terme.

Les femmes sont encore très peu présentes dans les postes à responsabilités. Les élues sont encore cantonnées aux secteurs dits féminins. Les femmes sont les premières victimes du chômage et de la violence. On exhibe les réussites comme des justifications d'une soit disant généralité. "Vous voyez qu'il y en a!"

Quand on aura fait notre mutation, on pourra faire une journée de la Femme, celle-ci sera alors sincère et véritable. D'ici là, Mesdames, comptez plus sur vos capacités, vos compétences, votre talent pour évoluer, et surtout, revendiquez, revendiquez et revendiquez ce à quoi vous avez droit.